POLITIQUE

Young Leaders, l’enfance des chefs

La revue politique Charles no12 (Jacques Chirac, 50 ans de vie politique, janvier 2014) publie une enquête sur le programme « Young Leaders » de la French-American Foundation, dont voici l’introduction.

Personne n’en parle ou presque. Depuis plus de trente ans, la French-American Foundation fait en sorte que « l’élite » française rencontre « l’élite » américaine, pour renforcer les liens entre les deux nations. Cet organisme qui a vu défiler les dirigeants français depuis deux générations (d’Alain Juppé à François Hollande, de Najat Vallaud- Belkacem à Nathalie Kosciusko-Morizet, de Matthieu Pigasse à Emmanuel Macron…) est dénoncé par certains comme un autre groupe Bilderberg. Charles a enquêté.

Washington, 6 juin 2011. Le ministre des Affaires étrangères Alain Juppé est présenté à la presse par son homologue Hillary Clinton, secrétaire d’État. « Alain Juppé n’est pas étranger à Washington. Le président, euh le Premier ministre… excusez-moi, il a tout été, sauf président », corrige-t-elle sur le ton de la plaisanterie. « Je ne l’ai pas été non plus, ça nous fait quelque chose de plus en commun », continue l’ancienne candidate à la primaire démocrate contre Barack Obama. Ce que les deux chefs de la diplomatie ont en commun, c’est leur participation au programme « Young Leaders » de la French-American Foundation. Alain Juppé a fait partie de la première promotion en 1981-1982, Hillary Clinton a été sélectionnée en 1983. Le programme se déroule pendant cinq jours aux États-Unis et en France, sur deux ans. En octobre dernier, Juppé a accueilli à Bordeaux les promotions 2013 et 2014. Une rencontre a été organisée à la librairie Mollat, et les young leaders ont pu visiter la réplique de l’Hermione, frégate affrétée par le marquis de La Fayette en 1780 pour soutenir la révolution américaine.

Au moins un journaliste par promotion

Depuis la création du programme en 1981, plus de 400 Français et Américains sont devenus young leaders, dont 141 femmes. Les personnalités sélectionnées sont issues de divers secteurs professionnels : des élus, des membres de cabinets ministériels, des cadres et dirigeants d’entreprises, des avocats, des universitaires, des militaires, des artistes, des directeurs d’institution culturelle et au moins un journaliste par promotion. En plus d’Alain Juppé, quatre autres membres du dernier gouvernement Fillon ont participé au programme : Jeannette Bougrab (2010), Nathalie Kosciusko-Morizet (2005), Valérie Pécresse (2002) et Laurent Wauquiez (2006). Le président de la République François Hollande est un ancien young leader, tout comme les ministres Emmanuel Macron (2012), Fleur Pellerin (2002), Marisol Touraine (1998), Najat Vallaud-Belkacem (2006), Matthias Fekl (2013), les anciens ministres Arnaud Montebourg (2000) et Pierre Moscovici (1996), ainsi que les anciens conseillers de la présidence Aquilino Morelle (1998) et David Kessler (1999). « Lorsque François Hollande a été élu, tout le monde était très fier à la fondation. Mais être membre d’un gouvernement, ça ne dure pas. Ils feront probablement autre chose ensuite. Les élections et les nominations ministérielles sont une indication du succès du programme, mais ce n’est pas la seule », explique Charles Kolb, président de la French-American Foundation à New York jusqu’en août 2014 et ancien conseiller adjoint du président George H.W. Bush. La fondation se veut un relais actif du dialogue franco-américain.

Lire la suite de l’article sur le site de Charles

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