Caucus de l’Iowa, « Not Just Peanuts »

Le lancement de la séquence électorale lors du caucus de l’Iowa n’est que le début d’un long processus. L’Etat du New Hampshire organise la première primaire de l’année électorale en février, ce qui permet de faire une sélection parmi les prétendants à l’investiture et de créer les fameux « momentum » dont la presse est avide. Une semaine avant, l’Iowa organise un caucus : des assemblées d’électeurs, inscrits comme démocrates ou républicains, débattent et choisissent dans leur circonscription des délégués (52) qui soutiendront un candidat à l’investiture lors de la convention du parti. La complexité du système de l’Iowa a poussé les dirigeants locaux des partis à débuter le processus de désignation longtemps avant les conventions. L’Iowa est devenu le premier caucus de la Nation pour le parti démocrate en 1972 et les républicains ont suivi en 1976.

Carter PeanutsLa place particulière de l’Iowa dans la route vers la Maison Blanche est principalement l’oeuvre de Jimmy Carter. En 1976, cet ancien cultivateur de cacahuètes et gouverneur de la Géorgie, inconnu à l’échelle nationale, a mené une campagne en profondeur dans cet Etat pendant 8 mois, profitant des nouvelles règles de vote des caucus qui obligeaient les délégués à déclarer leur préférence entre les prétendants à l’investiture. Son slogan : « Not just Peanuts ». Il vise une victoire afin d’avoir un maximum d’impact dans les médias, qui commenceraient alors à le considérer comme un candidat sérieux. La campagne Carter met en place un réseau de vingt comités politiques  dans l’Etat. Contre toute attente, Carter arrive en tête du caucus contre les favoris du parti démocrate, comme le représentant Mo Udall et le sénateur Henry Jackson. Profitant de cette dynamique, Carter remporte la primaire du New Hampshire, avant d’être élu président des Etats-Unis quelques mois plus tard.

L’Iowa n’est pas représentatif de l’Amérique. C’est un Etat du Midwest presque exclusivement blanc, peu peuplé (3 millions d’habitants), avec une base électorale républicaine comparable aux Etats du Sud. Sur les neufs Etats qui comptent plus de 30% d’électeurs se réclamant de la droite religieuse, l’Iowa est le seul Etat qui n’est pas dans le Sud.

Le grand perdant du caucus 2016, ce sont les sondages d’intentions de votes. Selon le site FiveThirtyEight, la marge moyenne d’erreur  en 2014 pour les sondages électoraux des primaires et caucus dans les trois dernières semaines se situe entre 7 et 9 points de pourcentages. Les « meilleures » estimations donnaient Trump gagnant. Avec 24%, il se retrouve finalement à la deuxième place derrière Ted Cruz (28%), et très proche de Marco Rubio (23%).

Ted Cruz, champion des évangélistes et des ultra conservateurs

182 000 habitants de l’Iowa ont voté côté républicain, une mobilisation plus forte qu’en 2012 (120 000 votants). Ces dernières semaines, la majorité des observateurs et chercheurs s’accordaient sur un point : une forte mobilisation électorale signifierait un poids électoral plus faible des électeurs évangéliques. Ce n’est pas le cas. Les sondages ont notamment sous-estimés l’importance du vote évangélique. Selon les études de lundi soir, 64% de l’électorat de l’Iowa se déclare évangélique (contre 57% en 2012). Ted Cruz a emporté 34% du vote évangélique, contre 22% pour Trump et 21% pour Rubio. Chez les non-évangéliques, Trump arrive en tête (29%), devant Rubio puis Cruz. Ce dernier bénéficie du soutien de 42% des électeurs qui déclarent voter pour « quelqu’un qui partagent leurs valeurs ».

La stratégie politique du sénateur du Texas a fonctionné : il est devenu le candidat favori de la droite religieuse. Ted Cruz a déclaré sa candidature à Liberty University, la plus grande université chrétienne du monde située à Lynchburg en Virginie. Il a ensuite concentré ses efforts sur l’Iowa, bénéficié de la meilleure organisation locale, déclaré vouloir visiter l’ensemble des 99 circonscriptions à bord de son bus « Cruzin’ to Caucus », tout en maîtrisant le langage des évangiles (son père est un pasteur baptiste) devant un public très réceptif. Sa campagne repose sur le pari de mobiliser des millions de nouveaux électeurs évangéliques, dont certains auraient soutenu Bush en 2004 et se seraient abstenus depuis.

 

Capitaliser sur cette première victoire peut être compliqué pour Ted Cruz. Les derniers candidats qui ont remporté ce caucus, Mike Huckabee en 2008 et Rick Santorum en 2012, ont rapidement décliné ensuite dans des Etats plus modérés. Cruz est un idéologue conservateur. Il reste l’ »homme le plus détesté de Washington D.C. », alors qu’il est l’un de ses anciens insiders. Il ne bénéficie d’aucun soutien chez ses collègues du Congrès, certaines de ses positions radicales sont aussi extrêmes que celles de Donald Trump. Malgré leur différences, ces deux candidats parlent aux mêmes membres de l’électorat conservateur, Cruz s’est donc toujours gardé de répondre violemment aux attaques de la star de télé-réalité. Trump n’a pas mis en place une véritable stratégie de campagne sur le terrain, se gaussant des bons chiffres des sondages et multipliant les propos choquants, sans avancer de programme ou créer un véritable réseau de militants. La deuxième place de Trump masque aussi le bon résultat de Marco Rubio. Le sénateur de la Floride est devenu le candidat favori de l’establishment républicain, battant nettement la brochette des gouverneurs : Bush, Kasich et Christie.

Clinton/Sanders, une rupture entre générations

Le résultat très serré entre les deux candidats démocrates était plus attendu, même si le score de Bernie Sanders reste impressionnant. Clinton l’a emporté d’une infime marge (49.9% contre 49.6% sur 171 000 participants). Le sénateur du Vermont, 74 ans, a obtenu 84 % des soutiens des moins de 30 ans. Barack Obama avait en son temps gagné 57% des votes de la jeunesse dans cet Etat. S’il faut relativiser le poids électoral des jeunes, qui représentent 18% des votants d’hier soir, Hillary Clinton semble avoir un véritable déficit auprès de la jeunesse. Elle réalise ses meilleurs résultats chez les quadragénaires et les personnes âgées, avec une marge de 20% chez les plus de 50 ans.

Dans un éditorial du New Yorker, John Cassidy cite David Axelrod, ancien directeur de campagne de Barack Obama, qui pointe une différence fondamentale entre les deux candidats démocrates. La campagne de Hillary Clinton parle essentiellement d’elle, de son profil, de sa longue expérience, de sa force et de sa capacité à remporter cette élection face aux républicains. Dans son discours hier soir, elle s’est gardé de proclamer sa victoire et a répété ce motif : « Je continuerai à me battre pour vous, ce que j’ai fait toute ma vie ». Bernie Sanders, au contraire, parle rarement de lui, mais insiste sur la révolution politique qu’il souhaite incarner. Il entend rompre avec le consensus reaganien en ce qui concerne les baisses d’impôts, l’individualisme exacerbé, la puissance de la finance et l’institutionnalisation des inégalités. Pour Axelrod, ces grands thèmes sont plus susceptibles de mobiliser la jeunesse qu’un rappel de CV et des combats passés.

Traité transatlantique : « les lignes rouges » de Stéphane Le Foll

Entretien réalisé le 19 juin 2014 par Pierre-Louis Rolle et Vincent Dozol.

A l’occasion de sa visite en France le 18 juin, le secrétaire américain à l’agriculture, Tom Vilsack, a rencontré Stéphane le Foll, Ministre de l’Agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt et porte-parole du gouvernement. Ils ont notamment échangé sur l’agro-écologie et sur le traité transatlantique.

Bully Pulpit : Quels ont été les points saillants de la visite de Tom Vilsack en France ?

Stéphane Le Foll : C’était la première fois que je rencontrais le secrétaire américain chargé des questions agricoles. On a eu une discussion agréable, sur le fond. Je lui ai présenté les enjeux du ministère, à la fois dans le cadre de la PAC et pour la diversité de toutes les agricultures de la France. J’ai trouvé du côté de M. Vilsack la même approche, notamment sur la diversité de l’agriculture américaine, des grandes exploitations du Middle West à l’agriculture périurbaine. Il a fait part de sa volonté, très clairement exprimée, de développer les circuits courts et le lien entre la production et la consommation au niveau local.

Dans l’Iowa et la Sarthe, dont vous êtes respectivement issus et élus, l’agriculture tient une place majeure. Quels sont les domaines d’ententes et de coopérations possibles entre la France et les États-Unis ?

Il n’y a pas à proprement parler de coopération. Ce que l’on a cherché à faire lors de cette rencontre, c’est de se comprendre. Il fallait bien marquer les positions que nous défendons au niveau européen et français par rapport à l’agriculture américaine sur la question essentielle des indications géographiques protégées, des labels, des appellations d’origines contrôlées et protégées AOC et AOP. C’est vrai que, par rapport à l’Amérique, il y a une vraie différence en termes de conception et d’organisation de l’agriculture. Même si on observe aux Etats-Unis un développement de la production bio, de la production locale, nous n’avons pas, sur l’organisation commerciale et de filière, la même conception. Un représentant de la filière des poulets de Loué était aussi présent à la rencontre, il a expliqué ce qu’est une filière de qualité en France, comment elle est organisée et comment nous sommes attachés à ce lien entre le terroir, le territoire et le lieu de la production agricole.

Vous venez de lancer l’agro-écologie. Comment avez-vous défini et présenté cette notion à votre homologue américain ?

J’ai présenté le projet global au ministère de l’agriculture, ses principes et fondements. Dans les années à venir, on va chercher à s’appuyer le plus possible sur les outils naturels, à la fois dans les sols, dans la lutte contre les différents parasites, sur la mobilisation de tous les atouts et tous les mécanismes naturels pour protéger notre production et la développer. Il y aura toujours besoin d’avoir une intervention des produits phytosanitaires quand c’est nécessaire. Il ne s’agit pas de tout remettre en cause, mais de repenser notre modèle. C’est ce que j’ai dit à Tom Vilsack. C’était nécessaire car il y a souvent des malentendus. En conclusion de cette discussion sur l’agro-écologie, nous avons évoqué le grand colloque international que l’on fera à Rome sur cette question, à l’initiative de la France et qui regroupe beaucoup de pays. Nous avons convenu qu’il serait bien que les Etats-Unis s’y associent. L’ambition est de porter et présenter ce qui peut être entrepris pour changer la « révolution verte » agricole (l’utilisation intensive de la mécanisation et des produits chimiques), pour aller vers une agriculture qui se sert toujours de la mécanisation, mais qui va utiliser de plus en plus de systèmes sophistiqués d’aide à la décision et développer des stratégies qui mettent en avant les mécanismes naturels pour protéger les cultures.

Le Transatlantic Trade and Investment Partnership (TTIP) est l’un des objets de cette visite ministérielle. Quelles sont les opportunités pour l’agriculture française ? Comment se déroulent les négociations sur ces sujets et quels sont le droit de regard et la capacité d’intervention du gouvernement français sur les discussions ?

Dès le départ, avant que les négociations s’engagent, il y a la définition de la feuille de route qui est donnée à la Commission, qui négocie pour l’ensemble des pays européens.C’est dans ce premier débat, à l’intérieur de l’Europe, que la France a pesé sur les questions comme les OGM, les normes sanitaires, la question des poulets chlorés.

Les normes européennes, de toute façon, s’appliqueront à l’Europe puisqu’elles ont été votées

Nous avons aussi discuté avec M. Vilsack des indications géographiques protégées. On a clairement indiqué à la Commission que cela faisait partie des lignes rouges, non négociables avec les Etats-Unis. Après, il existe des discussions commerciales sur les barrières tarifaires et non tarifaires, des obstacles qui font que l’on exporte moins que ce que l’on pourrait aujourd’hui aux Etats-Unis. Pendant les négociations menées par la Commission, nous avons besoin de comptes-rendus plus réguliers. La transparence doit être plus forte. La Commission s’y est engagée, le mandat de négociation est maintenant disponible et un débat public a été ouvert sur la question du tribunal arbitral (dans le cadre de contentieux entre les Etats et les entreprises, ndlr). Ce tribunal est proposé par les Etats-Unis et suscite en Europe beaucoup de mobilisations contre lui. Une alerte a été émise par le gouvernement français sur ce point. On ne peut pas aller dans ce sens. On peut imaginer que ce tribunal puisse servir à se tourner contre des choix démocratiques faits par des Etats, sous prétexte que cela peut léser des intérêts d’un certain nombre d’entreprises. Et je ne suis pas certain qu’aux Etats-Unis ce type de tribunal soit si accepté que cela.

Les normes sanitaires et de production sont un des enjeux clés du TTIP. Ce traité est-il une opportunité pour la France de lever les blocages et embargos américains sur les produits agroalimentaires français, – je pense notamment aux salaisons et aux fromages au lait cru –, ou faut-il craindre au contraire un abaissement de ces normes ?

C’est possible et c’est tout l’équilibre de la négociation. D’où la nécessité de fixer une ligne rouge à ne pas franchir. On peut trouver des accord qui ouvrent des débouchés, et lever des règles qui peuvent être des freins à l’exportation. En même temps, il ne faut pas basculer de l’autre côté. En remettant en cause des normes sanitaires sous prétexte d’ouvrir un peu plus le marché américain. Les normes européennes, de toute façon, s’appliqueront à l’Europe puisqu’elles ont été votées. Au-delà du problème juridique, c’est aussi un sujet d’inquiétude pour les consommateurs. L’acte de consommation est aussi un acte de confiance.

Dans quelle mesure une gouvernance globale des politiques agricoles peut être un levier de résolution de la crise économique ?

Je suis plutôt attaché à ce qu’il y ait une gouvernance mondiale. Le débat sur l’OMC a pu conduire certains à demander que l’on se retire de cette organisation. Quand il n’y a plus de gouvernance commerciale à l’échelle mondiale, on a des accords bilatéraux, qui sont souvent moins protecteurs que les multilatéraux. Dans la globalisation actuelle, il faut être capable de piloter l’échelle mondiale sur l’ensemble des sujets, pour éviter des distorsions et pour aller vers plus d’harmonisation. La vertu de ces négociations est d’obliger le monde entier à réfléchir sur l’ensemble des sujets, dont l’agriculture. Après le G20 de 2011 à Nice, des décisions ont été prises sur la mise en place d’un certain nombre d’outils pour l’échange d’information et la gestion. Si on veut lutter contre la spéculation, il faut être capable de faire jouer la transparence sur l’ensemble des données statistiques concernant l’agriculture. La spéculation joue sur ce manque de clarté. Les Etats peuvent s’organiser pour assurer la transparence. C’est possible dans le cadre de l’Agricultural Market Information System (AMIS), système qui fonctionne et que la France pousse beaucoup. Avec la possibilité de convoquer un forum de réaction rapide en cas de crise. Ce sont des embryons importants d’une gouvernance mondiale et surtout une manière simple et efficace de lutter contre les spéculations qui enflamment les marchés agricoles et alimentaires. On a copié, à l’initiative de la France, ce système AMIS à l’échelle de la Méditerranée (AMIS MED) au travers du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM). Le tout sera finalisé au cours des prochaines semaines. C’est très important car le bassin méditerranéen, c’est un milliard de personnes avec des besoins alimentaires très importants, en particulier dans le domaine des céréales. On doit faire progresser cette coopération, pour mieux réguler ces marchés. Il faut pouvoir piloter politiquement ces échanges.

Rick Santorum dégage la piste pour Mitt Romney

La seconde place de Rick Santorum  n’a d’autre effet que d’installer la suprématie de Romney, gagnant incontesté des caucus de l’Iowa.  Le suspense entretenu par les médias autour de la « poussée Santorum[1] » ne semble en effet pas justifié. Si Mitt Romney ne triomphe que de huit voix sur près de cent mille, M. Santorum n’a virtuellement aucune chance de rassembler assez de délégués autour de son nom lors de la convention d’investiture Républicaine[2]. Le score de l’ancien Sénateur de Pennsylvanie n’est toutefois pas sans effets : il aura dégagé la piste pour M. Romney. Newt Gingrich et  avant tout Rick Perry sont désormais disqualifiés, sinon ridiculisés.

Fort de cette victoire de courte tête, mais victoire quand même, pour reprendre un titre du New York Times, Mitt Romney s’est engagé dans une démonstration de force au cours des dernières heures. Après avoir donné une conférence de presse dans son Boeing 737, il a recueilli le soutien du Sénateur John McCain (R-AZ), candidat malheureux face à Barack Obama en 2008. Pendant ce temps, M. Santorum trimballait péniblement femme, (nombreux) enfants et directeur de campagne dans un petit coucou, arrivant trop tard pour faire les JT. Mercredi soir, l’équipe Santorum se contentait d’annoncer la mise en place d’une structure de coordination entre ses équipes locales, visant en outre à fédérer la nébuleuse de la droite chrétienne soutenant sa candidature, renforcée par la défection de Michele Bachmann.

Censée être une déclaration de guerre d’un champion montant au combat, cette déclaration est plutôt révélatrice des faibles ressources à disposition du candidat Santorum : peu de moyens, petites équipes, faibles soutiens institutionnels. L’absence de fonds est un moindre problème : son score inattendu lui confère une bonne couverture médiatique (« free medias ») et attirera beaucoup de dons. Sa capacité à transformer son organisation sur une période très courte (1 à 2 semaines) est moins crédible. Voilà deux ans que Mitt Romney est engagé dans une stratégie « 50-state ». Machine de guerre à moissonner fonds et soutiens, la campagne Romney n’avait alors été égalée que par le Gouverneur du Texas Rick Perry. En quelques semaines, celui-ci avait amassé un trésor de guerre et des soutiens institutionnels nombreux, fort de sa position de Président de l’Association des Gouverneurs républicains qui l’a doté d’un réseau national. Ensuite, il a commencé à s’exprimer publiquement et sa candidature a fait long feu.

Mitt Romney a commencé hier soir avec John McCain, d’autres soutiens de poids pourraient être dévoilés dans les semaines à venir, venant asseoir sa candidature à la manière d’un Bush en 2000[3].  Cohen, Karol et Noel ont montré dans The party decides[4]l’importance de ces soutiens structurels dans les élections américaines.  Ce n’est pas trop s’engager que de miser sur une très probable candidature de Mitt Romney.  Pour les auteurs, se joue une primaire invisible entre caciques, une course aux endorsements, prenant le pas sur la primaire face aux électeurs. Si les structures partisanes sont rendues faibles par le système des primaires, les partis restent en réalité forts pour ce qui est de choisir les résultats.

L’importance des soutiens n’est d’ailleurs pas étrangère  à ce résultat surprise : la veille du caucus, Santorum a été adoubé par Bob Vander Plaats figure locale du conservatisme religieux. Fortement médiatisé, ce soutien a été communiqué en boucle jusqu’au scrutin via robocalls. Mais moins que ce dernier coup de poker, la cause de sa réussite d’un soir nous semble plus relever de facteurs exogènes : l’électorat républicain le plus radical a cherché une alternative à Mitt Romney pendant des semaines. Des champions d’un soir sont successivement apparus : Bachmann, Perry, Gingrich, Paul et  enfin Santorum.

La différence entre Santorum et tous les autres est que son moment sous les projecteurs est arrivé à quelques jours du caucus. Moins scruté par la presse, plus neuf, plus radical… Cela sera-t-il suffisant ? Rien n’est moins sûr. Mais peut-être que cette victoire à la hussarde le temps d’un caucus fera office de prophétie auto-réalisatrice[5]

NB : Ron Paul, que nous considérons comme un candidat de témoignage, a été volontairement ignoré dans cet article. Nous reviendrons sur son cas dans un article séparé.



[1] Il faut néanmoins toujours se méfier des poussées de Santorum : www.spreadingsantorum.com (NSFW)

[4] COHEN M., KAROL D., NOEL H. The party decides: presidential nominations before and after reform., University of Chicago Press, 2008.  Voir ici.

[5] Jonathan Bernstein propose un scénario intéressant  pour une victoire de Santorum : http://plainblogaboutpolitics.blogspot.com/2012/01/case-for-and-against-santorum.html