Plongée dans la haute administration américaine à l’ère Trump

The Fifth Risk de Michael Lewis est une plongée dans la haute administration américaine entre l’élection de novembre 2016 et l’investiture de janvier 2017. Sans traduction française pour le moment, le livre s’est placé dans les dix meilleures ventes aux États-Unis. 

La Californie brûle. Elle est entrée depuis quelques années dans l’ère du « megafire », qui détruit plus de 100 000 hectares de territoire. Au dernier décompte, 76 personnes sont mortes, 1276 portées disparues. Après avoir menacé de suspendre la dotation fédérale de l’État de Californie, Donald Trump s’est rendu sur les lieux et a déclaré que non, son opinion sur le changement climatique n’a pas changé et qu’un « mauvais management » est à l’origine du désastre. Au niveau fédéral, c’est le ministère de l’Agriculture qui est responsable des forêts, plus précisément le département des Ressources naturelles et de l’environnement qui gère l’US Forest Service, en charge des 193 millions d’hectares de forêts et de prairies.

Le lendemain de l’élection de Trump, tout était prêt au ministère de l’Agriculture pour accueillir l’équipe de transition présidentielle. Personne ne s’est présenté. Au bout d’un mois, on a vu apparaître un représentant de Protect the Harvest, une organisation qui fait la chasse aux associations de protection des animaux comme The Human Society. L’homme de Trump n’a montré aucun intérêt pour comprendre les missions du ministère. Obsédé par le changement climatique, il a, dans une pulsion maccarthyste, demandé des listes des agents formés sur le sujet. Une note interne exige depuis que les mots tels que « changement climatique » ne soit plus utilisés.

C’est à la période de transition présidentielle, entre l’élection de novembre 2016 et l’investiture de janvier 2017, que Michael Lewis consacre son nouvel essai. Sans traduction française pour le moment, le livre s’est immédiatement imposé parmi les dix meilleures ventes aux États-Unis, phénomène habituel pour les écrits du journaliste.

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A la Maison Blanche, la presse perd encore des points

Article publié par Télérama, 29 juin 2017 
Accro à twitter, Donald Trump accepte de moins en moins de se soumettre aux questions des journalistes. Pourquoi garder des points presse à la Maison Blanche alors que le Président qualifie la presse “d’ennemie du peuple” ?

« Les conférences de presse quotidiennes ont aujourd’hui peu à voir avec la mission d’informer depuis la Maison Blanche, et leur valeur diminue chaque année », écrivait déjà le journaliste David Sanger dans une tribune du New York Times en 2006, après sept années à suivre la présidence américaine. Sous l’ère Trump, les relations entre le pouvoir exécutif et les médias n’ont cessé de se dégrader. Et une vidéo tourne désormais sur la toile montrant l’incrédulité et parfois la consternation des journalistes soumis aux points presse de la présidence américaine.

Le candidat Trump a longtemps gardé les journalistes à distance pendant sa campagne, le Président, lui, n’a pas donné de véritable conférence de presse depuis le mois de février. En mai dernier, agacé par l’importance médiatique accordée au limogeage de l’ancien directeur du FBI James Comey, Donald Trump s’est interrogé sur Twitter : « Peut-être que la meilleure chose à faire serait d’annuler toutes les futures “conférences de presse” et de fournir des réponses écrites dans un souci d’exactitude??? » Il réfléchirait à limiter ce qu’il nomme « le spectacle » à une séance par semaine, les journalistes devant soumettre leurs questions écrites en amont. Plutôt que la simple suppression, la Maison Blanche semble avoir choisi une autre méthode : la diminution de la fréquence, de la longueur et de l’importance des contacts avec les journalistes accrédités.

“Sean a grossi”

Ces derniers temps, difficile pour les correspondants d’apercevoir le porte-parole Sean Spicer ou Sarah Huckabee Sanders, son adjointe. Quand ils se présentent devant les micros, ils excellent dans l’art de ne rien dire, reconnaissent régulièrement ne pas avoir d’information sur les sujets évoqués ou conseillent de s’adresser à d’autres interlocuteurs. Impossible de poser des questions sur les enquêtes concernant les liens entre le gouvernement russe et des proches du président. Toutes les demandes doivent dorénavant être envoyées aux avocats privés de Donald Trump. En février, la BBC, The Guardian et CNN ont été interdits de participation à un press gaggle (point de presse informel) autour de Sean Spicer. Depuis le début du mandat, les journalistes de la Maison Blanche ont dû faire de la place à de nouveaux « collègues ». Breitbart News, le site d’extrême droite et plateforme de l’alt-right des suprémacistes blancs, les sites complotistes Infowars d’Alex Jones et The Gateway Pundit ont obtenu une accréditation officielle tandis que Sean Hannity, le commentateur radio d’extrême droite et animateur sur Fox News compte parmi les conseillers officieux du Président. Une nouvelle étape vient d’être franchie le 19 juin : la diffusion télévisée de la conférence de presse du jour a été interdite par la Maison Blanche. Rosie Gray, journaliste à The Atlantic, a demandé au conseiller spécial Stephen Bannon les raisons de cette décision. Sa réponse : « Sean a grossi ».

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James Comey, un héros à la Bogart ?

Article publié par Télérama, 12 juin 2017 

Lever de rideau d’un drame qui ne fait que commencer, l’audition de l’ancien directeur du FBI, jeudi 8 juin a été diffusée en direct par toutes les grandes chaînes américaines. Richard K. Sherwin, professeur de droit à la New York School of Law, revient sur les enjeux de cette séquence médiatique présentée comme un “courthouse drama”.

Dans la déclaration écrite de James Comey, publiée la veille de sa venue au Sénat, il était question d’une horloge de parquet, de prostituées, de silence gênant, de « dissiper un nuage » et de « loyauté honnête ». Selon ce récit concis, Donald Trump et James Comey ont parlé à neuf reprises en tête à tête. Au cours de ces conversations, le président a demandé « la loyauté » du patron du FBI, mais ce dernier ne lui a promis que « l’honnêteté ». Surtout, le président apparaît très préoccupé par les enquêtes sur les contacts entre des membres de son équipe de campagne et les réseaux du gouvernement russe : « J’espère que vous pourrez trouver une façon d’abandonner cela, de lâcher Flynn », aurait-il déclaré en référence à son ancien conseiller à la sécurité nationale, Michael Flynn, renvoyé en février dernier. Le 8 juin, pendant presque trois heures, James Comey a répondu aux questions des sénateurs lors d’une séance ouverte au public, puis lors d’une interrogation à huis clos. Pour l’ancien directeur du FBI, les raisons avancées par la Maison Blanche pour justifier son licenciement sont des « mensonges purs et simples. » C’est bien sa manière de mener l’enquête sur les interférences russes dans l’élection qui aurait convaincu le président de le limoger. Richard K. Sherwin, professeur de droit à la New York School of Law, revient sur les enjeux de cette séquence médiatique présentée sur toutes les télévisions comme un courthouse drama.

Comment expliquer l’importance médiatique de ce témoignage ?

La suspension des programmes télévisés des grandes chaînes est rarissime, et ne concerne que les événements très, très importants. Pour reprendre une idée de Carl Schmidt, nous sommes ici dans un « état culturel d’exception » : quelque chose d’important va être dit qui concerne le pouvoir au sommet de l’Etat, ce qui renforce l’attente des observateurs. Quatre récits différents se déroulent simultanément, structurés comme dans un procès, avec des questions et contre-interrogatoires. Le premier récit, c’est la cyber-guerre et l’intervention de la Russie dans notre vie démocratique. Les élus républicains défendent un deuxième récit fondé sur le ressentiment des démocrates : ils ont perdu l’élection et tentent un coup politique contre l’administration Trump. Il y a aussi l’histoire de la destitution du Président, ce témoignage de James Comey serait donc un simulacre de procès pour une future procédure d’impeachment à partir des collusions entre l’entourage de Trump et l’effort russe pour hacker la démocratie américaine. Le dernier récit est le procès contre les médias. James Comey a rappelé que c’est l’intégrité de la démocratie qui est en jeu. Donald Trump et ses soutiens les plus actifs avancent la notion d’une conspiration des médias au service d’intérêts politiques contre le peuple.

Existe-t-il des précédents historiques à ce témoignage ?

L’affaire du Watergate vient bien entendu à l’esprit. La procédure de destitution a réuni un grand nombre de personnages. On pense aussi au témoignage d’Anita Hill en 1991 contre Clarence Thomas, dans le cadre de la confirmation de ce dernier comme juge à la Cour suprême. Ou encore aux témoignages en 1987 lors de l’affaire des contrats avec l’Iran. Tous ces témoignages avaient une structure de soap opera. Il y a très peu d’exemples historiques d’audition ayant eu lieu dans un contexte d’urgence nationale au point de suspendre les programmes télévisés.

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If Mayors ruled the world, entretien avec Benjamin R. Barber

Article précédemment publié par le magazine Grand Paris Développement en juillet 2016

Benjamin R. Barber est décédé le 24 avril dernier à New York. Né en 1939, politologue, enseignant invité à la City University de New York, professeur de sciences politiques à l’université Rutgers (New Jersey), il est l’auteur de 18 livres, dont Strong Democracy (1984) et le best-seller Jihad vs. McWorld (1995). Ancien conseillé du président Bill Clinton, il est chevalier des palmes académiques et a enseigné à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales (EHESS, Paris). Benjamin Barber est le fondateur du projet de Parlement Global des Maires (GPM), idée qu’il développe dans son livre If mayors ruled the world (Si les maires dirigeaient le monde, Yale University Press, 2013).

Après plusieurs ouvrages sur les relations internationales et la démocratie, comment vous êtes vous intéressé aux villes et à leurs places dans le monde?

Benjamin Barber : Les Etats-nations ne fonctionnent pas et ils sont de plus en plus incapables de gérer les enjeux modernes. Je ne parle pas de la paralysie des gouvernements, comme aux Etats-Unis, mais des capacités institutionnelles. Les Etats-nations se définissent par la souveraineté de leur juridiction. Nous vivons dans un monde interdépendant : le changement climatique, le terrorisme, les réfugiés, la sécurité des transports, ce sont des enjeux mondiaux qui ne connaissent pas les frontières. Les villes font face aux mêmes défis, elles sont aptes à les régler, et sont beaucoup plus coopératives et démocratiques. Les citoyens ont plus confiance dans leurs dirigeants locaux que dans leurs élus nationaux. Les maires sont plus pragmatiques et privilégient l’action.

Selon vous, « la polis est le centre de la démocratie ». Les inégalités urbaines sont-elles la plus grande menace pour les villes ?

Les villes doivent traiter des conséquences d’un système global qu’elles ne contrôlent pas. Les inégalités sont une fonction de l’économie mondiale, mais elles s’incarnent dans les villes. Elles disposent de plusieurs politiques publiques possibles pour faire face : la gestion des emplois dans l’économie formelle et informelle, l’éducation, le logement social. Comment appeler les problèmes économiques mondiaux qui ont un effet local ? Je propose le concept de glocality (glocalité). Le dérèglement climatique se manifeste localement avec les inondations dans les villes situées au bord de l’eau. Ce concept de « glocal » est important car dans la tradition des sciences politiques, il y a le local, le régional, le national, l’international et le global. On s’accorde sur cette notion qui veut que plus on est loin du local, plus c’est différent. L’ironie du monde moderne, c’est plutôt que l’enjeu le plus global est aussi le plus local dans ses effets.

Vous insistez sur le pragmatisme des maires, leur choix de l’action plutôt que de l’idéologie. Comment intégrez-vous dans cette réflexion la vision politique de la ville, de sa nature et de son avenir ?

Les maires sont-ils entièrement pragmatiques, sans idéologie ? Bien sûr que non. Mais comparés aux élus nationaux, cette dimension est observable. Selon le maire LaGuardia, « il n’y a pas une manière républicaine ou démocrate de ramasser les ordures ». Ce n’est pas tout à fait vrai, selon si on privatise le système ou si la ville le prend en charge. Dans tous les cas, il faut le faire. J’observe aussi une tendance chez certains maires à se déclarer indépendants, non partisans. Michael Bloomberg l’a fait, comme l’ancien maire de Bristol, George Ferguson. François Hollande et Jacques Chirac ont été des maires très différents des dirigeants nationaux qu’ils sont devenus. Les maires doivent s’entendre avec des groupes différents pour gouverner. La ville, c’est un tripode : la société civile, la municipalité et le secteur privé. Si on se coupe d’une des jambes, tout s’effondre.

Quels sont le principe et les objectifs du Parlement Global des Maires ?

205 maires de villes du Nord et du Sud, grandes et petites, sont invités à la première réunion à La Haye en septembre 2016. Ce projet ne vient pas de nulle part, il est fondé sur la multitude de réseaux de coopérations entre villes qui font un travail formidable de longue durée mais ne sont pas très connus. Le parlement est soutenu par des organisations comme Eurocities, C40, United Cities and Local Governements (UCLG), l’European Forum on Urban Security (EFUS), l’US Conference of Mayors. Ce sont des associations en silos sur des sujets spécifiques qui partagent leurs expériences sur une base volontaire. Il est temps maintenant de donner aux villes un porte-voix, de muscler politiquement cette coopération. Si une seule ville décide de ne plus investir dans l’industrie pétrolière ou de bannir l’exploitation des gaz de schiste, cela n’a aucun poids. C’est par l’association avec d’autres villes qu’elle peut peser politiquement. Le premier objectif de cette rencontre est l’élaboration d’une gouvernance. Je travaille sur une déclaration des droits de la ville, qui reconnaît leur impératif et leur capacité d’action. Les deux autres objectifs substantiels, ce sont le changement climatique et la crise des réfugiés. L’Accord de Paris de décembre 2015 de la COP21 est minimal et même si les termes sont appliqués, la plupart des villes mondiales seront quand même inondées. Les villes ont la responsabilité de faire plus. La crise des réfugiés est un problème urbain et un mandat non financé. Les villes sont forcées d’agir sans que les Etats ne leur en donnent les moyens financiers. Enfin, nous mettons en place une fondation internationale, un secrétariat et une plateforme en ligne pour que les maires puissent travailler depuis leur bureau deux ou trois fois, avant de se réunir lors d’une rencontre annuelle.

Paris est uniquement mentionnée dans l’introduction de votre livre. Le maire de Paris ne fait pas l’objet d’un portrait dans vos pages. Quelle est la place de la capitale française parmi les villes globales ?

Bertrand Delanoë ne fut pas un maire très intéressant, sincèrement. Il n’était pas un grand internationaliste, ne considérait pas Paris comme une grande ville mondiale. C’était plus intéressant de me concentrer sur des villes européennes comme Barcelone, Londres ou Copenhague. Anne Hidalgo, au contraire, soutient ce mouvement. J’ai fini ce livre juste avant son élection, je la connais et je l’apprécie beaucoup. C’est une figure cosmopolite, elle est cette année candidate à la présidence du C40, une association de villes qui luttent contre le dérèglement du climat. Le Grand Paris, c’est une idée puissante. On ne peut séparer la capitale des villes qui l’entourent directement. La région métropolitaine est une entité géographique, économique et culturelle adaptée pour penser la ville. Pour combattre les inégalités, la création d’une région métropolitaine est un premier pas, mais non une solution en soi, cela internalise d’abord les différences. Si Détroit était le Grand Détroit en incluant les 10 comtés alentour qui sont parmi les plus riches du pays, ce serait aujourd’hui une grande cité d’Amérique avec une partie seulement en difficulté. Au lieu de cela, la ville a fait faillite. Les frontières de la vieille cité médiévale européenne ou celles du XVIIIe siècle aux Etats-Unis n’ont plus de sens aujourd’hui. Si j’avais voulu vendre beaucoup moins d’exemplaires de mon livre, je l’aurais titré Si les régions métropolitaines dirigeaient le monde.

Les pouvoirs de la maire de Paris sont limités, elle doit en permanence négocier et faire des compromis avec de nombreuses entités publiques…

Quand la maire de Paris revient dans sa ville après avoir participé au Parlement Global des Maires, elle ramène le pouvoir du maire de New York ou de Johannesburg avec elle. Cette voix commune et ces actions coordonnées la rendent plus puissante face à ses interlocuteurs. Malgré ses pouvoirs réglementaires limités, elle pourra mieux se faire entendre face à l’Etat et à la région, en leur demandant : « regardez ce que font telle et telle ville ; êtes vous sûrs de vouloir rester en dehors de cette dynamique ? » J’imagine que le gouvernement français comprendra l’intérêt commun de donner plus de pouvoir aux villes.

Quelles sont les thématiques de votre prochain livre Cool Cities: urban sustainability and the fix for global warming (Yale University Press, 2017) ?

L’idée principale, c’est que les villes sont devenues l’acteur le plus important dans le contrôle du changement climatique. Le livre analyse leurs capacités à agir, les actions qu’elles ont déjà entreprises et ce qu’elles peuvent encore faire. Les villes représentent 80% des émissions de gaz à effet de serre, et 90% d’entre elles sont établies sur des rivages. Elles devront impérativement travailler ensemble pour faire face.

Kathleen Clark : “Aux Etats-Unis, une affaire similaire à celle de François Fillon serait plus rapidement découverte”

Article publié par Télérama, 10 février 2017 

Outre-Atlantique, des lois anti-népotisme empêchent, en principe, tout élu d’employer un membre de sa famille. Kathleen Clark, professeur de droit dans le Missouri et spécialiste de la corruption gouvernementale, a répondu à nos questions.

Vue depuis les Etats-Unis, également confrontés aux questions de népotisme, l’affaire Fillon étonne. Les règles anti-népotisme trouvent leurs origines au cours de l’ère progressiste, des années 1890 à 1920. Il est aujourd’hui illégal pour un élu ou un haut fonctionnaire fédéral d’employer un membre de sa famille. Rencontre avec Kathleen Clark, professeur à l’école de droit de l’université Washington à St. Louis (Missouri), spécialiste des questions d’éthique et de corruption gouvernementale.

Une « affaire Penelope Fillon » peut-elle arriver aux Etats-Unis ?

C’est déjà arrivé. Le gouvernement fédéral a adopté un statut en 1967 qui interdit à un officier fédéral de recruter, promouvoir ou recommander un membre de sa famille. Ce statut inclut une longue liste de parents concernés par cette mesure : mère, père, enfant, enfant d’un conjoint, frère, sœur, beaux-parents, oncle, tante, cousin, gendre, nièce, neveu… Le népotisme va contre l’équité, il provoque un conflit d’intérêts, c’est une menace pour la morale interne, les citoyens perdent confiance dans leurs représentants si ces derniers font profiter leurs familles. La plupart des Etats ont aussi leurs propres règles qui interdisent cette pratique. En ce qui concerne un emploi fictif, nous le qualifions de « fraude ». Certaines personnes ont été poursuivies pour ne pas être physiquement présentes au bureau, ne pas avoir travaillé pour le salaire qu’elles touchent. Nous les appelons « employés fantômes ». Tous les ans, l’Office of Government Ethics publie une étude des poursuites réalisées.

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In Goldman Sachs we trust

Article publié par Libération, 16 décembre 2016 
Donald Trump, qui a fait campagne en fustigeant les liens entre Hillary Clinton et la finance, a choisi trois dirigeants de l’empire bancaire, dont son président Gary Cohn, pour sa future administration.

Dans sa dernière vidéo de campagne aux relents antisémites, Donald Trump attaquait «ceux qui contrôlent les leviers du pouvoir à Washington» avec des images de Lloyd Blankfein, PDG de la banque d’affaires Goldman Sachs, accompagné de Janet Yellen, présidente de la Fed, et du financier milliardaire George Soros. Trump dénonçait dans son discours «la structure du pouvoir mondial, responsable des décisions économiques qui ont volé notre classe ouvrière, dépouillé notre pays de sa richesse et mis cet argent dans les mains de grandes corporations et entités politiques». L’alors candidat républicain fustigeait la finance prédatrice, les discours rémunérés de Hillary Clinton devant des représentants de Goldman Sachs, une banque qui la «contrôle totalement».

A peine plus d’un mois après son élection, le rétropédalage est spectaculaire : le président élu a choisi lundi Gary Cohn, le numéro 2 de Goldman Sachs et considéré comme le successeur de Lloyd Blankfein à la tête de la banque, pour devenir son premier conseiller pour les affaires économiques. Ancien trader et proche de Jared Kushner, gendre de Trump, Cohn prendra la tête du Conseil économique national. Quelques semaines plus tôt, le 30 novembre, il avait déjà choisi Steven Mnuchin, l’ex-directeur des finances de sa campagne, au poste de secrétaire au Trésor. L’homme a commencé sa carrière à Goldman Sachs, où son père, Robert, fut un trader réputé. Après dix-sept ans de service, Steven Mnuchin a travaillé pour George Soros, avant de lancer son propre fonds d’investissement puis de diriger la banque OneWest, qui a fait fortune dans les saisies immobilières après la crise des subprimes. Mnuchin, qui s’est plutôt illustré ces dernières années dans la production hollywoodienne (Batman v. Superman), n’a aucune expérience politique.

«Wall Street is back, baby !»

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