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	<title>Bully Pulpit</title>
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	<description>Politique, culture et sciences sociales en Amérique</description>
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		<title>La presse à l&#8217;heure numérique. Rencontre avec Edwy Plenel</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Apr 2013 00:42:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Dozol</dc:creator>
				<category><![CDATA[ENTRETIENS]]></category>
		<category><![CDATA[affaire cahuzac]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Edwy Plenel, co-fondateur et président de Mediapart, a donné une conférence le 12 avril au Arthur L. Carter Journalism Institute de la New York University (NYU) sur le thème &#171;&#160;révolution numérique, révolutions démocratiques&#160;&#187;. Rencontre avec le journaliste, auteur du Droit de Savoir, publié en mars 2013 chez Don Quichotte. Mediapart vient de fêter ses cinq </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/04/la-presse-a-lheure-numerique-rencontre-avec-edwy-plenel/">La presse à l&rsquo;heure numérique. Rencontre avec Edwy Plenel</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Edwy Plenel, co-fondateur et président de <a href="http://www.mediapart.fr/"><em>Mediapart</em></a>, a donné une conférence le 12 avril au Arthur L. Carter Journalism Institute de la New York University (NYU) sur le thème &laquo;&nbsp;révolution numérique, révolutions démocratiques&nbsp;&raquo;. Rencontre avec le journaliste, auteur du <em>Droit de Savoir</em>, publié en mars 2013 chez Don Quichotte.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong><em>Mediapart</em> vient de fêter ses cinq ans. Quels enseignements tirez-vous de ces cinq années d’existence ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Edwy Plenel</strong> : Ces cinq ans permettent un double enseignement. Le premier, qui ne concerne pas seulement la France, est la question du journalisme à l’heure de la révolution numérique. Chaque révolution industrielle correspond à un moment particulier pour l’histoire de la presse. La première a fait émerger des idéaux démocratiques. Avec la seconde révolution, on est passé à une presse de masse dont la presse américaine a été le symbole. Cette révolution numérique actuelle pose un immense défi au journalisme. Elle oblige à repenser le modèle économique, éditorial, commercial des titres, dans leur relation au public. J’ai toujours pensé <em>Mediapart</em> comme un laboratoire, une expérience concrète qui peut être utile à tout le monde. Soit ne pas céder à la logique de l’audience, de la masse, de l’instantanéité, de la gratuité.</p>
<p style="text-align: justify;">Au contraire, la presse devrait épouser toutes les potentialités de la modernité numérique, tout en y défendant le meilleur de la tradition professionnelle. A <em>Mediapart</em>, nous recherchons une plus-value dans l’information, originale, indépendante, nouvelle et étonnante. Par nos choix éditoriaux et économiques, le journal a montré que cette voie est fructueuse. Enfin, le journalisme, c’est la construction d’un public, aujourd’hui à l’ère participative, où les journalistes ne sont plus détenteurs du monopole de l’opinion, ce qui est une bonne chose. <em>Mediapart</em> est un journal sans frontière. C’est le propre de la presse numérique. La seule frontière c’est la langue. Nous avons décidé dès 2010 de traduire en anglais les principaux articles, qui peuvent intéresser en dehors de nos frontières. Les choix sont faits par notre équipe de traducteurs, qui sont des journalistes britanniques, américains, australiens. La traduction est un véritable travail d’édition. Certains abonnés publient aussi des contributions en anglais dans notre Club. Nous avons aussi un partenaire espagnol, <em>Info Libre</em>. Leur rédaction peut traduire des articles de <em>Mediapart</em> comme nous pouvons reprendre en français leurs articles.</p>
<p style="text-align: justify;">Le second enseignement est plus spécifiquement français. La vie politique en France aujourd’hui se caractérise par une démocratie de &laquo;&nbsp;basse intensité&nbsp;&raquo;. La démocratie, comme invention humaine, a des failles, des contradictions. Une démocratie vivante se caractérise par sa capacité à faire surgir ses failles au grand jour et à les sanctionner. De façon presque caricaturale, l’affaire Cahuzac a démontré que notre culture démocratique est très archaïque, à cause du système institutionnel de la V<sup>e</sup> République. Le système présidentialiste français, qui est au système présidentiel ce que l’intégrisme est aux religions, crée une culture de l’irresponsabilité, des majorités automatiques, des clientélismes, une absence d’autonomie des acteurs. <em>Mediapart</em> l’a documenté sous la &laquo;&nbsp;présidence hystérique&nbsp;&raquo; de Nicolas Sarkozy comme sous la &laquo;&nbsp;présidence attentiste&nbsp;&raquo; de François Hollande. On peut trouver les révélations sur les affaires formidables pour <em>Mediapart</em>, mais je trouve cela vertigineux et très inquiétant. Il est ridicule de réduire l’affaire Cahuzac aux mensonges d’un homme et à sa psychologie. Ce fut la démonstration de l’immense crise démocratique, profonde et spécifique à la France. La véritable interrogation est : pourquoi ce mensonge a été possible ?</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous évoquez une tradition française d’un « journalisme de gouvernement ». Comment le définissez-vous? Est-ce une conséquence de « la presse d’industrie »?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Notre écosystème médiatique est profondément affaibli de l’intérieur. Le &laquo;&nbsp;journaliste de gouvernement&nbsp;&raquo; est celui qui se légitime toujours par en haut, dans la relation avec le pouvoir. Théophraste Renaudot, fondateur de <i>La Gazette,</i> créée par autorisation de Louis XIII, est présenté comme le père du journalisme français,. Il est enterré dans l’église des rois de France de Saint-Germain-l’Auxerrois. En France, il existe une culture de la recherche de légitimité par la proximité avec le pouvoir, par les décorations, au lieu d’être du côté populaire. Ce modèle contraste avec le journalisme venant d’en bas, de la vitalité du peuple, que Tocqueville observait dans <i>De la Démocratie en Amérique</i>. Le fondateur du <i>Monde,</i> Hubert Beuve-Méry appelait la « presse d’industrie » le phénomène d’acquisition des médias par des intérêts extérieurs à l’information. Les médias sont majoritairement possédés par des entreprises parfois dépendantes de la commande publique, des industries de BTP, de vente d’armes, d’aéronautique, d’import export, du luxe, dans un mélange des genres stupéfiant. Il ne s’agit pas de jeter la pierre, mais il faut refonder ce système, par une loi fondamentale sur la liberté de l’information, qui se place du point de vue du public, du droit de savoir des citoyens. <i>Mediapart </i>est un petit poisson argenté et vif, qui nage face à des gros requins, dans une mer qu’il faut absolument dépolluer.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Les Etats-Unis peuvent-ils être une source d’inspiration en ce qui concerne la liberté de la presse et le contrôle des élus ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Je n’idéalise pas ce qui se passe aux Etats-Unis. Il existe ici des médias très destructeurs du débat public. Je pense à <em>Fox News</em>, à l’<em>infotainment</em>. Dans les temps troublés que nous vivons, nous n’avons qu’une seule arme : toujours plus de démocratie. La culture démocratique américaine permet plus facilement ces rebonds. Cela n’empêche pas les catastrophes. Dans ce pays, sous le choc du 11-Septembre, un mensonge d’Etat [les armes de destruction massive de l'Irak, ndlr] a pu devenir mensonge médiatique, y compris dans la presse de qualité. La bonne nouvelle, c’est qu’il n’a pas fallu attendre dix ou vingt ans pour que le retournement se fasse et que l’opinion américaine sache qu’on lui avait menti. C’est au cœur d’un journalisme installé, dans le<em> New Yorker</em>, que le journaliste Seymour Hersh a pu, dés 2004, publier les révélations sur la part d’ombre de la guerre globale contre le terrorisme. Le sursaut n’a pas empêché la réélection de George W. Bush, mais a permis le détricotage de cette réalité par l’ensemble de la presse et par des commissions parlementaires bipartisanes. Les sources d’inspiration peuvent se faire de part et d’autre de l’Atlantique. Les Etats-Unis pourraient par exemple s’imprégner de notre réticence au poids énorme de l’argent en politique. Le régime présidentiel américain, tout en ne manquant pas de force, est obligé de composer en permanence avec un pouvoir parlementaire fort, ce qui n’est pas le cas dans le déséquilibre du présidentialisme français.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Vous avez lancé <a href="https://www.frenchleaks.fr/">FrenchLeaks</a>, inspiré du modèle de WikiLeaks. Comment cet espace fonctionne-t-il par rapport à la rédaction du journal?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">Une fois que nous avons exploité des informations, nous rendons la documentation au public, tout en mettant un lien vers les analyses qui la contextualisent. C’est une base documentaire sur les révélations de <i>Mediapart</i>. C’est aussi une boîte aux lettres sécurisée, permettant à des lanceurs d’alerte de nous transmettre des données de manière confidentielle. Cet espace nous a apporté quelques informations, notamment sur les questions d’environnement, sur le nucléaire. Le journalisme doit descendre de son estrade, doit se mettre au même niveau que le public, qui peut le critiquer, le prolonger. La tradition du <i>whistleblower, </i>ou lanceur d’alerte, est plutôt anglo-saxonne. Sa protection et son statut sont au cœur d’une culture démocratique. J’ai toujours été frappé qu’en France, lors de l’affaire du Rainbow Warrior, certains ne jugeaient pas de la qualité des informations produites. Tout de suite, des enquêtes ont été lancées pour connaître ma source, pour savoir qui m’instrumentalisait. Dans l’affaire Cahuzac, des journaux considéraient que la personne à l’origine des enregistrements, parce qu’elle était un ancien opposant politique de M. Cahuzac, était d’entrée disqualifiée. La source peut être glorieuse ou mesquine, intéressée ou non, habitée d’une exigence démocratique ou simplement vouloir régler ses comptes. L’important, c’est de pouvoir la faire parler, connaître sa motivation, et de vérifier l’authenticité de ce qu’elle dit. Puis de décider si ces informations sont d’intérêt public.</p>
<address> </address>
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<address><em>Des extraits de cet entretien ont été précédemment publiés dans un article de France-Amérique :</em></address>
<address><a href="http://www.france-amerique.com/articles/2013/04/12/edwy_plenel_le_secret_doit_etre_l_exception.html"><strong>Edwy Plenel : &laquo;&nbsp;Le secret doit être l’exception&nbsp;&raquo;</strong></a></address>
<address> </address>
<p style="text-align: justify;">Retrouvez aussi <em>Bully Pulpit.fr</em> dans le Club de <em>Mediapart</em> : <a href="http://blogs.mediapart.fr/edition/bully-pulpit">http://blogs.mediapart.fr/edition/bully-pulpit</a></p>
<p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/04/la-presse-a-lheure-numerique-rencontre-avec-edwy-plenel/">La presse à l&rsquo;heure numérique. Rencontre avec Edwy Plenel</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Quelles réparations pour l&#8217;esclavage ?</title>
		<link>http://www.bullypulpit.fr/2013/04/quelles-reparations-pour-lesclavage/</link>
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		<pubDate>Tue, 16 Apr 2013 01:50:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Louis Rolle</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Histoire]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>Lawrie Balfour est professeur associé de Théorie Politique à l&#8217;Université de Virginie. Spécialiste des questions raciales en démocratie, elle a publié en 2011 Democracy&#8217;s Reconstruction Thinking Politically with W.E.B. Du Bois aux presses d&#8217;Oxford et prépare actuellement un ouvrage sur les réparations de l&#8217;esclavage et Jim Crow. Alors qu&#8217;en France le débat des réparations de la &#171;&#160;Traite </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/04/quelles-reparations-pour-lesclavage/">Quelles réparations pour l&rsquo;esclavage ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;"><a href="http://politics.virginia.edu/people/klb3q">Lawrie Balfour</a> est professeur associé de Théorie Politique à l&rsquo;Université de Virginie. Spécialiste des questions raciales en démocratie, elle a publié en 2011 <em><a href="http://www.oup.com/us/catalog/general/subject/Politics/AmericanPolitics/CivilRights/?view=usa&amp;ci=9780195377293">Democracy&rsquo;s Reconstruction Thinking Politically with W.E.B. Du Bois</a> </em>aux presses d&rsquo;Oxford et prépare actuellement un ouvrage sur les réparations de l&rsquo;esclavage et Jim Crow. Alors qu&rsquo;en France le débat des réparations de la &laquo;&nbsp;Traite des Noirs&nbsp;&raquo; a été rouvert il y a quelques mois, nous lui avons posé quelques questions sur son passionnant projet :</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Bully Pupit : Comment définissez-vous le concept de réparations ? Quelles pourraient en être les formes concrètes ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Lawrie Balfour : Historiquement, l’idée de réparations était simplement ce qu’obtenait le vainqueur du perdant, lors d’une guerre. Le meilleur exemple serait les contreparties payées par l’Allemagne dans le cadre du Traité de Versailles, suivant sa défaite lors de la Première Guerre mondiale. À la suite de la Seconde Guerre mondiale, il y eut un réel changement dans la façon de concevoir l’idée de réparations &#8211; et l’Allemagne, encore une fois, est liée à cela. Le gouvernement allemand a ainsi payé environ 60 milliards de dollars à l’État d’Israel et aux victimes de l’Holocauste. Pour la première fois, un État reconnaissait les crimes qu’il avait commis par le passé. Vous pouvez imaginer que cela n’était pas pour autant très populaire auprès des victimes de l’Holocauste, mais l’idée qui émergea dans la seconde moitié du XXème siècle est que les sociétés démocratiques ont besoin de faire face aux crimes du passé afin d’avancer. On ne pouvait plus simplement dire que le passé est le passé.</p>
<blockquote>
<p style="text-align: justify;">Quand j’utilise l’expression de réparations, je l’utilise dans un sens très large de façon à saisir une série d’efforts tentant de réparer les dommages causés par le système politique.</p>
</blockquote>
<p style="text-align: justify;">Ce fut aussi également le cas pour les démocraties nouvelles et les États qui ont émergé de guerres civiles ou de régimes oppressifs. Ainsi, la <i>Truth and Reconciliation Commission </i>en Afrique du Sud avait un comité chargé d’évaluer les réparations selon un large éventail de possibilités. Cela pouvait certes être des rétributions personnelles, mais cela pouvait être aussi des subventions communautaires, des dépenses en matière de santé publique voire des fonds de développement. La plupart n’ont en fait pas été mises en place et cela suscite actuellement une vive controverse. Mais, quand j’utilise l’expression de réparations, je l’utilise dans un sens très large de façon à saisir une série d’efforts tentant de réparer les dommages causés par le système politique &#8211; dans le cas des États-Unis, les dommages passés mais également en cours, de l’esclavage à la ségrégation. Parfois, le terme de réparation est utilisé de façon très spécifique, simplement pour signifier des contreparties pécuniaires aux individus. J’ai ainsi essayé d&rsquo;user de la la plus large acception possible du terme, en y incorporant les commissions pour la vérité, différentes sortes de compensations financières à grande échelle comme les bourses universitaires, les fonds de redéveloppement, etc. Cela pourrait inclure un seul ou tous ces éléments.  Certaines réformes politiques ou légales pourraient aussi être considérées comme une rubrique du répertoire de réparations. Par exemple, la façon selon laquelle les Africains-Américains sont exclus, des années après le <i>Voting Right Act, </i>du droit de vote. Les efforts effectués pour lutter contre cela, encourager une « citoyenneté noire » et améliorer la participation électorale des Africain-Américains pourraient être considérés comme des réparations.</p>
<p style="text-align: justify;">La clef pour moi, c&rsquo;est de comprendre les politiques actuelles avec une perspective historique.</p>
<p style="text-align: justify;"> <b>Quel degré de conscience historique à propos de l&rsquo;esclavage requièrent nos sociétés démocratiques ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">C’est une très bonne question. L’esclavage a été aboli il y a plus d’un siècle et je ne suggère pas que les conditions de vie sont restées à l’identique. Mes étudiants ont du mal à se faire à l’idée que le passé a des répercussions sur le présent. Prenons, par exemple, mon cours sur la pensée politique afro-américaine, que j’enseigne d’un point de vue historique. Les étudiants ne nient pas les horreurs de l’esclavage ou de la ségrégation. Mais lorsque je demande « comment comprendre que les débats sur le système de protection sociale injectent dans le discours public tout un tas de préjugés sur les mères afro-américaines et que ces préjugés prennent leur source à l’époque de l’esclavage ? » Et bien lorsque je leur demande cela, les étudiants tracent une stricte ligne de séparation entre le passé et le présent. Une partie de mon travail n’est donc pas de faire comprendre que le passé détermine le présent, mais d’assouplir, de relativiser, cette grande ligne de séparation pour comprendre les racines des préjugés.</p>
<p style="text-align: justify;"> <b>Quelle est la place de cette idée de réparations dans le discours politique aujourd&rsquo;hui ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Quelques groupes militants utilisaient l’expression. À la fin des années 1990, début des années 2000, il y avait un débat public important sur cette question. Un membre du Congrès, John Conyers (D-Mi) a même déposé une proposition de loi (HR40) visant à étudier l’idée de réparations. C’était peu après que les Japonais-Américains menèrent avec succès une campagne afin de récolter de relatives réparations pour leur internement durant la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, mis à part pour quelques groupes militants du « nationalisme noir », l’idée de réparations n’est que peu discutée. Je pense que l’élection d’Obama y est pour beaucoup. La question est maintenant hors-jeu. Je m’implique dans ce projet précisément parce que je pense que nous sommes arrivés à un point où le débat public se contente d’écarter l’idée de réparations, c’est toute l’idée de justice raciale qui est absente de la discussion nationale. L’idée de commencer par le plus improbable &#8211; plus de 90% des blancs sont opposés à des réparations matérielles pour l’esclavage &#8211; est une façon de pousser ce débat vers l’idée qu&rsquo;il existe de profondes inégalités raciales. Simplement parce que les efforts s’appuyant sur un autre registre de discours sont demeurés sans succès. C’est une provocation de ma part ! C’est envoyer une bombe si l’on veut, mais l’alternative jusqu&rsquo;alors fut l’esquive, le silence.</p>
<p style="text-align: justify;"> <b>La discrimination affecte tous les Africains-Américains. La combattre à travers l&rsquo;idée de réparations ne risque pas de les diviser ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">C’est &#8211; je pense &#8211; le principal souci. J’en étais très consciente lorsque j’ai effectué ce travail : la dernière chose que je souhaite est que mes recherches suscitent plus de ressentiment racial, chez les Blancs avant tout. Mais je pense que c’est en partie la raison pour laquelle il est si important que les universitaires blancs prennent au sérieux cette idée. Tout compte fait, je ne suis pas nécessairement une fervente partisane des réparations, je suis une fervente partisane de prendre cette idée au sérieux. C’est pourquoi Obama, parmi d’autres, ne veut rien avoir à faire avec cette rhétorique, et beaucoup de militants égalitaristes accomplis trouvent cette perspective beaucoup trop controversée ou source de divisions. Mon soucis est qu’à notre époque, toute sorte de proposition en terme de conscience raciale ne soit trop source de divisions… Encore une fois, une des raisons de ma radicalité est que l’effort pour aller vers une société plus juste « racialement » avec des moyens moins conflictuels a, je pense, failli. Cela vaut donc la peine de poser la question, d’arriver à faire entrer les réparations dans le champ des possibles des citoyens, au moins de faire avancer la conversation vers un engagement plus robuste en matière de droits civiques. Même si l’idée demeure une chimère…</p>
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<p style="text-align: justify;"><b> L&rsquo;idée de réparations ne  concerne-t-elle que les Africains-Américains ou pourrait-elle s&rsquo;appliquer à d&rsquo;autres groupes, comme les <em>natives </em><b>(Amérindiens)</b> ? </b></p>
<p style="text-align: justify;">Il n’y a rien dans mes travaux qui exclut des considérations pour d’autres groupes, mais il y a différentes catégories de demandes, qui ne se ressemblent pas. Par exemple, au sein des Amérindiens, chaque groupe peut se focaliser sur des définitions différentes de souveraineté. Donc oui, l’idée de réparations peut s’appliquer à d’autres contextes et groupes de population et cela a été utilisé dans d’autres circonstances. Il y a eu des rétrocessions de territoires, des paiements à quelques groupes indiens, tous très inappropriés. Ces efforts se poursuivent, il existe des demandes constantes de différents types de réparations de la part de plusieurs groupes indigènes. Les enjeux sont reliés, mais distincts.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Comment appréhendez-vous la relation entre des mouvements identitaires et une démocratie fonctionnelle ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Je m’intéresse à la façon dont les revendications fondées sur l’identité ont été capables de formuler des réclamations bien plus larges qu’un intérêt étroit et pluraliste. La question n’est pas simplement la recherche de la part de chaque groupe pour s’accaparer un morceau de gâteau. Des demandes qui viennent d’un contexte historique précis peuvent être aussi utilisées à des fins générales, pour tous.  La période de la « Reconstruction » (1865-1877) serait un exemple, mais pas en tant que mouvement fondé sur l’identité. Pendant la Reconstruction, des avancées ont eu lieu pour les hommes et femmes libres, mais les personnes récemment affranchies ont aussi fait des efforts afin d’améliorer leur situation, ce qui a entraîné des structures politiques et sociales plus démocratiques, au moins de façon temporaire dans le Sud. Je suis très sceptique en ce qui concerne l’argument « automatique anti-identitaire », car souvent les mêmes préjudices sont reproduits sur les différentes populations.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Il y a-t-il un conflit entre militants ou universitaires à propos de qui est descendant d&rsquo;esclave et qui ne l&rsquo;est pas ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">Il y a une quantité impressionnante de publications universitaires en sciences politiques et en sociologie, que j’ai commencé à étudier. Tout ceci vient de l’hétérogénéité de l’Afro-Amérique. L’esclavage n’est qu’une partie, cruciale, d’un tout. Cela ne dépend pas de la capacité de l’individu à retrouver ses racines d’esclave. Les descendants ayant des origines africaines sont susceptibles d’être des descendants d’esclaves, qu’ils viennent des Etats-Unis où d’ailleurs et nombreux des principaux activistes en Amérique ont été des immigrants des Antilles ou d’ailleurs. La tradition politique noire est elle-même hétérogène. Dans la question des réparations, il n’y a rien qui suggère que c’est uniquement un sujet pour les descendants d’esclaves.</p>
<p style="text-align: justify;"><b>A l&rsquo;Université de Virginie, une plaque rend hommage à la mémoire des esclaves. Ce type de reconnaissance par les institutions est-il commun ?</b></p>
<p style="text-align: justify;">C’est de plus en plus le cas que des institutions reconnaissent l’histoire de l’esclavage et rendent hommage aux esclaves. Mais la vraie question est : quelle est la vision de l’Histoire sous-jacente ? Est-ce une vision qui renforce l’idée de loyaux esclaves par exemple ? Au début du XXème siècle, il y avait un mouvement qui a tenté d’établir un mémorial en faveur de l’auto-sacrifice des femmes esclaves. Dans de nombreux cas problématiques, la façon selon laquelle on célèbre la mémoire de l’esclavage ne fait que renforcer le statu quo plutôt que de le remettre en cause. Il y a plusieurs controverses, dont je ne suis pas familière en détails, à l’Université de Virginie.  Récemment, beaucoup de questions ont été soulevées à propos d’un homme qui était le sonneur de cloche à l’Université, et à qui on a rendu hommage. Quelques-uns se sont demandés quel était le but de cet hommage ? Dans quelle mesure nous aide-t-il non seulement à saisir avec adéquation le rôle central qu’a eu l’esclavage dans la fondation de l’Université mais aussi à éclairer l’expérience des générations suivantes de travailleurs, y compris des travailleurs actuels. Au même moment, il y avait une campagne pour une revalorisation salariale qui n’a eu aucun écho dans l’administration, et ces travailleurs sont majoritairement des hommes et des femmes de couleur. Dans un sens, je pense que le devoir de mémoire est crucial et nécessaire. Mais il y a une façon de le faire uniquement pour nous aider à nous sentir mieux sans avoir à penser aux conséquences du passé. D’autres réponses appellent plus d’introspection…</p>
<p style="text-align: justify;"><b>Pensez-vous qu&rsquo;en mettant au jour les origines structurelles de la discrimination, cette question des réparations peut nous aider à trancher le débat sur l&rsquo;Amérique post-raciale et l&rsquo;indifférence à la couleur (<em>color blindness</em>) ?</b></p>
<blockquote><p> « L’esclavage déshonore la race, et la race perpétue le souvenir de l’esclavage » Tocqueville</p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Dans notre époque où la <i>color blindness </i>est si prédominante<i>, </i>l’idée de réparation est j’espère un moyen de faire réfléchir aux problèmes que pose cette façon de voir les choses. Je ne peux pas croire que ce soit le seul moyen de crever l’abcès et de nombreux universitaires et militants tentent de s’attaquer à cette question. Mais selon de nombreux points de vue, l’indifférence à la couleur garde une forte assise, particulièrement dans le monde judiciaire et tout particulièrement à la Cour Suprême où toute mention de la race est perçue comme une discrimination qui serait philosophiquement pas très différente des discriminations telles qu’on les entendait dans les années 1960. Après tout, la <i>color blindness </i>est une certaine forme d’idéal… Ne serait-ce pas formidable ?!  Tocqueville a une phrase très évocatrice à ce propos : « L’esclavage déshonore la race, et la race perpétue le souvenir de l’esclavage ». Je pense que ce n’est pas tout à fait juste dans le sens où cela ne suggère pas tout l’héritage structurel etc, mais je pense que l&rsquo;on saisit pourquoi c&rsquo;est si problématique de déclarer comme <i>colorblind </i> une société qui ne l’est pas…</p>
<p style="text-align: right;"><em> Entretien réalisé et traduit par Vincent Dozol et Pierre-Louis Rolle</em></p>
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		<title>Affaire Cahuzac et transparence : qu’en est-il aux Etats-Unis ?</title>
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		<pubDate>Tue, 09 Apr 2013 17:31:54 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charlotte Persant</dc:creator>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Cahuzac]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>  « Les yeux dans les yeux » un ministre a regardé la France et lui a menti. Depuis l’annonce de ce mensonge, les regards se tournent outre atlantique pour trouver des solutions à importer en France. La République comme le roseau de La Fontaine plie mais ne rompt pas. Un examen attentif du cas américain permet </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/04/affaire-cahuzac-et-transparence-quen-est-il-aux-etats-unis/">Affaire Cahuzac et transparence : qu’en est-il aux Etats-Unis ?</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center">  « Les yeux dans les yeux » un ministre a regardé la France et lui a menti. Depuis l’annonce de ce mensonge, les regards se tournent outre atlantique pour trouver des solutions à importer en France. La République comme le roseau de La Fontaine plie mais ne rompt pas. Un examen attentif du cas américain permet de tirer deux conclusions de ce choc que fut l’affaire Cahuzac.</p>
<p style="text-align: justify;">                 Premièrement, force est de constater qu’il n’existe pas en France de moyens institutionnels suffisant pour contrôler les élus de la République. Deuxièmement, ce scandale donne au Président, aux Ministres ainsi qu’à tous les élus de la République, une formidable opportunité de redéfinir la conception du service public. John F. Kennedy <a href="http://www.presidency.ucsb.edu/ws/?pid=74079">dans un discours de campagne en octobre 1960</a> rappela qu’un gouvernement ne doit pas seulement être vierge de tout délit criminel mais il doit également être, comme la femme de César, au-dessus de tout soupçon.  Transparence et moralisation de la vie politique : qu’en est-il aux Etats-Unis ?</p>
<p style="text-align: justify;">                  Outre-Atlantique, il existe un dispositif législatif qui permet de prévenir et contrôler en amont tout manquement possible à la morale publique et au droit. Le dispositif s’est renforcé au cours de l’histoire afin de refléter une certaine idée du service public. Le XXème siècle a tiré les leçons des scandales de conflits d’intérêts et de corruption du XIXème siècle. L’époque de la réindustrialisation et de l’âge doré « Gilded age » fut marquée par l’enrichissement d’une élite surnommée les « Barons voleurs ». Ceux-ci mélangeaient intérêts privés et intérêts publics et entretenaient des liens incestueux avec les membres du pouvoir législatif afin de favoriser leurs affaires. Le XXème siècle mit en application la conception des Pères Fondateurs du service public, popularisé en 1884 par la formule de Grover Cleaveland « a public office is a public trust », le service public repose sur la confiance des citoyens.</p>
<p style="text-align: justify;">                  Cette conception du service de l’Etat implique d’une part, l’exemplarité, d’autre part la fidélité. Le serviteur de l’Etat (fonctionnaire ou élu) doit être irréprochable mais il ne doit avoir qu’un seul « maître » celui du service de l’intérêt public. C’est pourquoi, la notion de conflits d’intérêts est très liée dans sa conception américaine avec le non cumul des fonctions et des mandats. Les Pères fondateurs ont prit le soin d’inscrire dans la Constitution cette idée.  Le cumul des mandats au niveau Fédéral est interdit par l’article 1 de la Constitution.  Au niveau des Etats fédérés, la quasi totalité des Etats interdisent aux membres du Congrès et aux juges de la Cour Suprême d’exercer un mandat local. D’autre part, le règlement intérieur du Congrès oblige ses membres à un travail assidu en commissions et en séances plénières, les votes en séances sont obligatoires.</p>
<p style="text-align: justify;">                  Afin de permettre une séparation presque totale entre intérêts privés et intérêts publics, les salaires des membres du Congrès ont été très significativement augmentés. Un membre du Congrès touchait un salaire annuel de 3.000 dollars en 1855 contre 170.000 dollars  aujourd’hui. L’objectif de ces augmentations successives fut atteint car aujourd’hui les membres du Congrès n’exercent pas d’autres professions que leur mandat électif. En 2008, un membre de la Chambre des Représentants ne pouvait toucher en plus de son salaire qu’une somme inférieure à 25.830 dollars  par an. L’exercice de nombreuses professions et activités professionnelles sont interdites.  Par exemple, le Code pénal Américain, (18 U.S.C §203) interdit aux membres du Congrès d’être rémunérer dans l’exercice du métier d’avocat. Ceux qui exerçaient cette profession avant d’être élus, une fois élus, ne peuvent donc plus recevoir de rémunération dans l’exercice de celle-ci. De plus, les rémunérations externes telles que des représentations, discours ou autre sont interdites. Les restrictions sur les « outside earned income » c’est à dire les rémunérations qui ne proviennent pas du salaire que confère leur mandat sont très strictes et rendent quasiment impossible le cumul des emplois. Enfin,  une série de mesures furent adoptées afin de permettre une grande transparence. Un code d’éthique fut crée en 1958 pour les membres du gouvernements fédéral (Code of ethics for government service) permettant de contraindre les serviteurs de l’Etat à des règles de transparence, de probité et de fidélité à l’intérêt public. Le « Lobbying disclosure Act » fut adopté en 1995. Le Président Obama signa en 2009 un décret présidentiel renforçant la lutte pour transparence en matière de lobbying suite au scandale Abramoff impliquant la corruption de membres du Congrès par des Lobbies entre 1995 et 2006. Cet arsenal juridique comporte également des lois sur les financements de campagnes politiques (Federal Election Campaign Act (FECA) 1972), sur la transparence des déclarations de patrimoines et des biens « Honest leadership and open government Act ». Les membres du Congrès, Le Président des Etats-Unis, la Première Dame, le Vice Président et les juges à la Cour Suprême rendent public leurs déclarations d’intérêts et autres documents jugés utiles afin d’éviter tout soupçon. Les membres de l’administration, les conjoints des élus, les employés doivent transmettre une déclaration d’intérêt très détaillé et jurer sur l’honneur de leur bonne foi. Cependant, ces documents ne sont pas rendus public. La surveillance est donc exercée par un arsenal de lois dont l’objectif est de prévenir toute forme de corruption ou de zone d’ombre et punir en cas de faute. Le site américain <a href="http://www.opensecrets.org">opensecrets </a> donne accès en ligne aux contributions de campagne, déclarations d’intérêts,  fortunes personnelles ainsi que les activités législatives des membres du Congrès.</p>
<p style="text-align: justify;">                  Le système politique américain garantit également à travers la séparation des pouvoirs l’existence d’un dispositif institutionnel puissant. Ce système permet de contrôler et de sanctionner les Représentants de l’Etat en cas de faute. La Constitution garantit au Congrès le pouvoir de sanctionner ses membres, de destituer le Président et les membres de la Cour Suprême. C’est également le Sénat qui a la lourde tache de confirmer tous les membres de l’administration nouvellement élue. Ainsi, la transparence <i>de jure</i> est soumise aux système de contrôle du Congrès. Dans la pratique, les commissions parlementaires travaillent en coopération avec la Maison Blanche pour confirmer les membres de l’administration et les juges à la Cour Suprême nommée à vie. Les auditions de confirmation durent de nombreuses heures et le processus de confirmation prend des semaines parfois des mois.  Aucun doute ne doit subsister. Pouvoirs méconnus en France, le Congrès dispose de puissants moyens de pression pour obtenir des informations et faire appliquer ses prérogatives. Notamment, le pouvoir quasi judiciaire de citation à comparaître devant la Chambre et de témoigner sous serment (<i>Subpoena power</i>) ainsi que le pouvoir de sanction pour outrage au Congrès (<i>Contempt of Congress</i>) et celui de rendre compte (<i>accountability</i>) devant les commissions parlementaires. Le délit de parjure n’existe que lorsque l’on prête serment et n’existe pas au sein de l’hémicycle du Sénat et de la Chambre basse.</p>
<p style="text-align: justify;">                  La Constitution prévoit la possibilité d’expulser un membre du Congrès mais elle ne donne pas de cadre institutionnel. Par conséquent, le Congrès instaura son propre règlement intérieur avec un code d’éthique et des commissions d’éthique (en 1964 au Sénat et en 1967 à la Chambre) afin de faire appliquer des sanctions. Les sanctions sont divers : simple réprimande, censure, interdiction de présider des commissions ou groupes d’amitiés. La sanction la plus sévère reste l’expulsion qui implique une élection partielle. Les commissions d’éthique peuvent également signaler à la justice une violation du droit et transmettre des éléments qui permettent de lancer une procédure judiciaire. En 2002, James Traficant (sic) de l’Etat de l’Ohio, membre de la Chambre des Représentants fut condamné par la commission d’éthique à l’expulsion (420 voix pour et 1 contre). En plus d’avoir violé le règlement intérieur, il fut reconnu coupable de corruption et condamné à 7 ans de prison. Ce qui ne l’empêchât pas de se représenter à son siège pendant son procès et après sa sortie de prison en 2009. Il perdit chaque élection ne récoltant que 15% des voix. L’inéligibilité à vie n’existe pas aux Etats-Unis. L’ultime sanction qui met fin à une carrière politique, cette sanction sans appel vient du peuple.</p>
<p style="text-align: justify;">                  Au regard de l’expérience américaine, la France doit s’emparer de ce scandale comme d’une formidable opportunité pour renforcer les mécanismes de contrôle et de transparence et donner une nouvelle définition française du service public.</p>
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		<title>Taxer les plus riches, les USA face à un choix de société</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Feb 2013 15:47:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Bruyas</dc:creator>
				<category><![CDATA[ÉCONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[FIscal Cliff]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[impôts]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Ronald Reagan]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Selon Alphonse Allais, «  il faut prendre l&#8217;argent là où il se trouve, chez les pauvres. Bon d&#8217;accord, ils n&#8217;ont pas beaucoup d&#8217;argent, mais il y a beaucoup de pauvres.  » Cette phrase très connue semble avoir directement inspirée de nombreuses réformes fiscales aux Etats-Unis, et ce notamment depuis la présidence de Ronald Reagan. L&#8217;idée </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/02/taxer-les-plus-riches-les-usa-face-a-un-choix-de-societe/">Taxer les plus riches, les USA face à un choix de société</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>Selon Alphonse Allais, «  il faut prendre l&rsquo;argent là où il se trouve, chez les pauvres. Bon d&rsquo;accord, ils n&rsquo;ont pas beaucoup d&rsquo;argent, mais il y a beaucoup de pauvres.  » Cette phrase très connue semble avoir directement inspirée de nombreuses réformes fiscales aux Etats-Unis, et ce notamment depuis la présidence de Ronald Reagan.</p>
<p><span id="more-2137"></span> L&rsquo;idée que ce sont avant tout les plus riches qui font la prospérité d&rsquo;un pays, par leur consommation et leur investissement, a incité les administrations successives à exempter au maximum les plus aisés. Toutefois, la montée des inégalités aux Etats-Unis a déclenché un changement important dans le discours politique. Le Président Obama a été réélu en grande partie sur son programme de justice fiscale, en promettant de taxer les plus riches pour améliorer la situation des finances publiques. Ce mouvement s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs incarné dans la réélection d&rsquo;Obama, mais aussi dans sa victoire dans les négociations sur le <i>Fiscal Cliff</i>, et le succès de la proposition 30 en Californie.</p>
<p>Barack Obama a réussi a obtenir, après des mois de négociations, une hausse d&rsquo;impôts ciblée sur les ménages les plus riches, ce qui est une incontestable victoire sur le Parti républicain<a  href="#_ftn1">[1]</a>. Pendant ce temps, en Californie, les électeurs se sont prononcés le 6 Novembre 2012, pour l&rsquo;adoption de la proposition 30. Défendue par le gouverneur démocrate Jerry Brown, elle rassemble plusieurs réformes fiscales visant à augmenter la contribution des plus riches, afin d&rsquo;assurer le financement de l&rsquo;éducation dans l&rsquo;état. Elle a été adoptée avec 55% des voix. Ces deux événements semblent montrer que les électeurs américains sont de plus en plus favorables à l&rsquo;augmentation des impôts des plus riches. La réalité est cependant plus nuancée, car s&rsquo;il est vrai que la conscience des inégalités est de plus en plus forte, cette conscience doit s&rsquo;intégrer dans une certaine culture politique devenue anti-taxe.</p>
<p><b>Une évolution à nuancer</b></p>
<p>Ces derniers mois semblent indiquer une évolution des électeurs et de la classe politique américaine, évolution qui se fait dans le sens de la progressivité de l&rsquo;impôt. Elle répond à une prise de conscience de plus en plus forte des inégalités dans les niveaux de vie. Ainsi, selon le Pew Research Center, 76% des américains estiment que les riches deviennent plus riches alors que les pauvres s&rsquo;appauvrissent. Ce sentiment est d&rsquo;ailleurs fondé, puisque, entre 1983 et 2010, plus du tiers de l&rsquo;augmentation totale de richesse est allé au 1% des ménages les plus riches. Quant aux 60% de ménages les moins riches, leur richesse réelle a diminué sur cette période.</p>
<p>Cette prise de conscience, renforcée par la crise économique, s’illustre dans le discours social et politique, notamment avec le mouvement Occupy Wall Street. De son côté, Warren Buffet, célèbre milliardaire, a dit en 2012 qu&rsquo;il n&rsquo;était pas juste qu&rsquo;il paie en impôts une plus petite part de son revenu que les membres des classes moyennes. La campagne de Barack Obama s&rsquo;est beaucoup concentrée sur l&rsquo;importance du rôle de l&rsquo;Etat dans l&rsquo;économie, et sur la nécessité d&rsquo;augmenter les impôts des classes supérieures pour que le système puisse perdurer. Le Démocrate Jerry Brown, gouverneur de Californie, a utilisé des arguments similaires pour défendre la proposition 30, qui doit permettre de lever 6 milliards de dollars de taxes et ainsi assurer le financement du système d&rsquo;éducation de l&rsquo;état. L&rsquo;adoption de cette proposition a d&rsquo;ailleurs été saluée par l&rsquo;agence de notation Fitch Ratings<a  href="#_ftn2">[2]</a>, ce qui est peut faire penser à une évolution des acteurs institutionnels privés</p>
<p>Ce mouvement doit être nuancé. Tout d&rsquo;abord, les victoires électorales des démocrates ne sont pas absolues, et les républicains restent majoritaires à la Chambre des Représentants, l&rsquo;électorat reste sensible au discours conservateur. Ils s&rsquo;inspirent toujours du Consensus de Washington, avec, en matière fiscale, de faibles taux d&rsquo;imposition et une assiette large, c&rsquo;est-à-dire touchant la majorité de la population. L&rsquo;augmentation des impôts pour financer les dépenses de l&rsquo;Etat reste mal perçue par leurs électeurs, même si elle cible uniquement les plus aisés. En effet, en 2012, 77% des républicains estiment que, quand quelque chose est géré par le gouvernement, cette gestion est inefficace et dépensière. 63% des indépendants et 41% des démocrates partagent ce point de vue. Les discours du Tea Party d&rsquo;un côté et d&rsquo;Obama de l&rsquo;autre ont polarisé ces opinions, puisqu&rsquo;en 2007, ces chiffres étaient d&rsquo;à peu près 60% pour les trois sensibilités politiques. Cela se traduit par deux positions radicalement opposées  : en 2012, à la sortie des urnes, 82% des électeurs de Mitt Romney estiment que le gouvernement agit trop, alors que 69% des électeurs d&rsquo;Obama pensent qu&rsquo;il devrait agir plus<a  href="#_ftn3">[3]</a>. Cette polarisation croissante se retrouve dans la question de la taxation, qui interroge profondément la vision même du contrat social dans la culture américaine.</p>
<p><b>Des valeurs culturelles à la taxation, et vice-versa</b></p>
<p>Les arguments qui sont opposés aux démocrates sur la question fiscale sont désormais bien connus. Les républicains disent qu&rsquo;augmenter les impôts pour les plus riches risque de décourager les entrepreneurs et de les faire fuir vers des cieux fiscaux plus cléments. Ce sont notamment les idées qui ont été avancées par les opposants à la proposition 30 en Californie<a  href="#_ftn4">[4]</a>. Dans la mesure où la majorité des républicains est favorable à une diminution de la place de l&rsquo;Etat dans l&rsquo;économie, augmenter les impôts n&rsquo;aurait donc que des désavantages: cela ferait encore grandir un gouvernement déjà perçu comme trop grand, tout en faisant fuir les plus riches qui, eux, sont créateurs de richesse. Ce point de vue s&rsquo;est d&rsquo;ailleurs renforcé ces dernières années, sous l&rsquo;effet de l&rsquo;offensive idéologique des néoconservateurs américains. En effet, alors qu&rsquo;en 1987, 62% des Rrépublicains estimaient que c&rsquo;était la responsabilité du gouvernement de s&rsquo;occuper de ceux qui ne peuvent pas s&rsquo;en sortir seuls<a  href="#_ftn5">[5]</a>, ils ne sont plus que 40% à être de cet avis en 2012. Or, le point de vue sur l&rsquo;aide sociale explique en grande partie celui sur l&rsquo;impôt, comme le montrent les comparaisons avec d&rsquo;autres pays.</p>
<p>Ainsi, le modèle américain de protection est moins généreux, et moins égalitaire, que ceux de la plupart des autres pays développés. Cela s&rsquo;explique toutefois parfaitement par la culture de ces pays, et par la vision qu&rsquo;ont les différents peuples d&rsquo;eux mêmes, et des valeurs qu&rsquo;ils veulent mettre en avant. Ainsi, toujours selon le <i>Pew Research Center</i>, les Américains mettraient en avant des valeurs plus individualistes, ce qui les pousserait à vouloir un gouvernement qui intervient peu dans l&rsquo;économie. 58% des Américains pensent que le plus important pour le gouvernement, c&rsquo;est de laisser les individus poursuivre leurs propres objectifs sans interférer. Seuls 38% des Britanniques, 36% des Français et des Allemands partagent ce point de vue. En revanche, 55% des Britanniques et plus de 60% des Français et des Allemands estiment que le plus important pour le gouvernement est de s&rsquo;assurer que personne n’est dans le besoin. Cela explique en grande partie les différences entre les niveaux de protection sociale. Et surtout, cela explique les différences de consentement à l&rsquo;impôt  : dans un pays où l&rsquo;Etat est considéré comme légitime pour intervenir dans l&rsquo;économie, l&rsquo;impôt est plus acceptable, dans la mesure où il peut être perçu comme utile. Ainsi, en 2010, 61% des européens estiment qu&rsquo;il faut assurer un meilleur niveau de protection sociale, même si cela doit se traduire en hausse d&rsquo;impôts. En revanche, aux Etats-Unis, où l&rsquo;Etat n&rsquo;est pas perçu positivement dans ses interventions, augmenter les taxes est vu comme une limitation pas très utile de la liberté individuelle. C&rsquo;est dans ce contexte culturel qu&rsquo;il faut analyser les évolutions récentes du débat aux Etats-Unis.</p>
<p>En 2012, 69% des Américains sont en faveur d&rsquo;une augmentation de l&rsquo;impôt sur le revenu pour les ménages gagnant plus de 250 000 dollars par an. La crise économique a pu faire évoluer les mentalités. Cependant, l&rsquo;intervention de l&rsquo;Etat, et donc les impôts, restent mal perçus par une large part des Américains. Les républicains se crispent de plus en plus sur leurs positions, et le fossé entre les sympathisants des deux partis se creuse de plus en plus. La crise actuelle, ainsi que la question de la dette publique et de la place du gouvernement, vont forcer les Etats-Unis à redéfinir leur modèle social dans les années qui viennent. Il ne s&rsquo;agit pas simplement d&rsquo;un choix entre des politiques sociales plus ou moins généreuses. Il s&rsquo;agit avant tout de déterminer quelle société le pays souhaite avoir, et sur quelles valeurs celle-ci doit être fondée. Après la crise de 1929, la mentalité américaine s&rsquo;était adaptée à une forte intervention de l&rsquo;Etat, qui a perduré pendant plusieurs décennies. Le défi des démocrates est aujourd&rsquo;hui de réinventer un modèle politique interventionniste populaire.</p>
<div><br clear="all" /></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a  href="#_ftnref1">[1]</a>    Cette concession a été obtenue sous la menace du fiscal cliff, dont nous avons parlé dans un article précédent: <a href="http://www.bullypulpit.fr/2012/12/le-fiscal-cliff-quand-lurgence-peut-attendre/">http://www.bullypulpit.fr/2012/12/le-fiscal-cliff-quand-lurgence-peut-attendre/</a>. A noter que, pour plusieurs éléments très importants du fiscal cliff, la décision a été simplement reportée de plusieurs mois, ce qui laisse supposer un retour très rapide à la table des négociations, avec des enjeux très lourds. Le débat sur le fiscal cliff est malheureusement loin d&rsquo;être terminé.</p>
<p>&nbsp;</p>
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<p><a  href="#_ftnref2">[2]</a><a href="http://articles.latimes.com/2012/dec/05/business/la-fi-mo-california-finances-make-notable-progress-20121205">    http://articles.latimes.com/2012/dec/05/business/la-fi-mo-california-finances-make-notable-progress-20121205</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref3">[3]</a>    Tous ces chiffres sont tirés de l&rsquo;excellente étude du Pew Research Center sur le prochain contrat social, disponible à l&rsquo;adresse suivante  : <a href="http://www.pewglobal.org/files/pdf/Stokes_Bruce_NAF_Public_Attitudes_1_2013.pdf">http://www.pewglobal.org/files/pdf/Stokes_Bruce_NAF_Public_Attitudes_1_2013.pdf</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
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<p><a  href="#_ftnref4">[4]</a><a href="http://allthingsd.com/20121204/what-proposition-30-means-for-californias-entrepreneurs/">    http://allthingsd.com/20121204/what-proposition-30-means-for-californias-entrepreneurs/</a></p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
<div>
<p><a  href="#_ftnref5">[5]</a>    «  <i>It is the responsibility of the government to take care of people who can&rsquo;t take care of themselves</i>  »</p>
<p>&nbsp;</p>
</div>
</div>
<p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/02/taxer-les-plus-riches-les-usa-face-a-un-choix-de-societe/">Taxer les plus riches, les USA face à un choix de société</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;investiture de Barack Obama en images, 21 janvier 2013</title>
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		<pubDate>Wed, 23 Jan 2013 02:36:49 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Dozol</dc:creator>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>&#171;&#160;We will respond to the threat of climate change, knowing that the failure to do so would betray our children and future generations.&#160;&#187; &#160; &#171;&#160;For history tells us that while these truths may be self-evident, they have never been self-executing; that while freedom is a gift from God, it must be secured by His people </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/01/linvestiture-de-barack-obama-en-images-21-janvier-2013/">L&rsquo;investiture de Barack Obama en images, 21 janvier 2013</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2059" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0036.jpg"><img class="size-large wp-image-2059"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0036-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;We will respond to the threat of climate change, knowing that the failure to do so would betray our children and future generations.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2052" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0004.jpg"><img class="size-large wp-image-2052"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0004-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;For history tells us that while these truths may be self-evident, they have never been self-executing; that while freedom is a gift from God, it must be secured by His people here on Earth.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2053" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0013.jpg"><img class="size-large wp-image-2053"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0013-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;Our journey is not complete until our gay brothers and sisters are treated like anyone else under the law &#8211; for if we are truly created equal, then surely the love we commit to one another must be equal as well.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2055" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0019.jpg"><img class="size-large wp-image-2055"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0019-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2056" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0025.jpg"><img class="size-large wp-image-2056"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0025-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;The commitments we make to each other &#8211; through Medicare, and Medicaid, and Social Security &#8211; these things do not sap our initiative; they strengthen us.  They do not make us a nation of takers; they free us to take the risks that make this country great.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2057" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0029.jpg"><img class="size-large wp-image-2057"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0029-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2058" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0049.jpg"><img class="size-large wp-image-2058"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0049-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;Our journey is not complete until all our children, from the streets of Detroit to the hills of Appalachia to the quiet lanes of Newtown, know that they are cared for, and cherished, and always safe from harm.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2060" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0051.jpg"><img class="size-large wp-image-2060"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0051-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;My fellow Americans, we are made for this moment, and we will seize it &#8211; so long as we seize it together.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2061" class="wp-caption aligncenter" style="width: 689px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0058.jpg"><img class="size-large wp-image-2061"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0058-679x1024.jpg" alt="" width="679" height="1024" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2062" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0081.jpg"><img class="size-large wp-image-2062"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0081-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;We, the people, still believe that every citizen deserves a basic measure of security and dignity.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2069" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0089.jpg"><img class="size-large wp-image-2069"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0089-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2063" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0098.jpg"><img class="size-large wp-image-2063"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0098-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2064" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0117.jpg"><img class="size-large wp-image-2064"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0117-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2065" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0133.jpg"><img class="size-large wp-image-2065"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0133-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;We, the people, still believe that enduring security and lasting peace do not require perpetual war.&nbsp;&raquo;</p>
<div id="attachment_2066" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0156.jpg"><img class="size-large wp-image-2066"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0156-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2067" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0163.jpg"><img class="size-large wp-image-2067"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0163-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&laquo;&nbsp;We must act, knowing that our work will be imperfect.  We must act, knowing that today&rsquo;s victories will be only partial, and that it will be up to those who stand here in four years, and forty years, and four hundred years hence to advance the timeless spirit once conferred to us in a spare Philadelphia hall.&nbsp;&raquo;</p>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2068" class="wp-caption aligncenter" style="width: 1034px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0178.jpg"><img class="size-large wp-image-2068"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0178-1024x679.jpg" alt="" width="1024" height="679" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p>&nbsp;</p>
<div id="attachment_2070" class="wp-caption aligncenter" style="width: 689px"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0073.jpg"><img class="size-large wp-image-2070"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DSC_0073-679x1024.jpg" alt="" width="679" height="1024" /></a>
<p class="wp-caption-text">Vincent Dozol/BullyPulpit.fr</p>
</div>
<p style="text-align: center;"><iframe src="http://www.youtube.com/embed/zncqb-n3zMo" frameborder="0" width="560" height="315"></iframe></p>
<p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/01/linvestiture-de-barack-obama-en-images-21-janvier-2013/">L&rsquo;investiture de Barack Obama en images, 21 janvier 2013</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></content:encoded>
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		</item>
		<item>
		<title>L&#8217;État-providence aux États-Unis</title>
		<link>http://www.bullypulpit.fr/2013/01/letat-providence-aux-etats-unis/</link>
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		<pubDate>Tue, 15 Jan 2013 16:32:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Pierre-Louis Rolle</dc:creator>
				<category><![CDATA[ENTRETIENS]]></category>
		<category><![CDATA[Sociologie]]></category>
		<category><![CDATA[Aide Sociale]]></category>
		<category><![CDATA[Charles Murray]]></category>
		<category><![CDATA[État-Providence]]></category>
		<category><![CDATA[medicare]]></category>
		<category><![CDATA[Nicolas Duvoux]]></category>
		<category><![CDATA[Pauvreté]]></category>
		<category><![CDATA[Rapport Moynihan]]></category>
		<category><![CDATA[Romain Huret]]></category>
		<category><![CDATA[Welfare]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Nicolas Duvoux est Maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Descartes, membre du Cerlis &#8211; Centre de recherche sur les liens sociaux (Paris Descartes / CNRS). Il est également chargé de cours dans le master de sociologie de l’EHESS. Rédacteur en chef de La vie des idées.fr, spécialiste des questions de pauvreté, il a été Visiting Scholar au </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/01/letat-providence-aux-etats-unis/">L&rsquo;État-providence aux États-Unis</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://recherche.parisdescartes.fr/CERLIS/Equipe/Membres-statutaires/Duvoux-Nicolas">Nicolas Duvoux</a> est Maître de conférences en sociologie à l’Université Paris Descartes, membre du Cerlis &#8211; Centre de recherche sur les liens sociaux (Paris Descartes / CNRS). Il est également chargé de cours dans le master de sociologie de l’EHESS.</p>
<p>Rédacteur en chef de <a href="http://bullypulpit.fr/wp-admin/www.laviedesidees.fr"><em>La vie des idées.fr</em></a><em>, </em>spécialiste des questions de pauvreté, il a été <em>Visiting Scholar</em> au Département de Sociologie de l’Université de Harvard du 1er juillet au 31 décembre 2012 et coordonne le <a href="http://www.caf.fr/etudes-et-statistiques/informations-sociales/programmation-2013">numéro 177</a><em> </em>de la revue <em><a href="http://www.cairn.info/revue.php?REVUE=informations-sociales">Informations Sociales</a> </em>à paraître en juin, intitulé &laquo;&nbsp;le lien social à l’épreuve du volontarisme aux États-Unis&nbsp;&raquo;.</p>
<p>À quelques jours de la prestation de serment pour un second mandat du Président Obama, nous lui avons demandé de faire un bilan des politiques de lutte contre la pauvreté aux États-Unis.</p>
<div class="omc-video-container" style="margin-top:20px;"><iframe width="560" height="349" src="http://player.vimeo.com/video/57419034" frameborder="0" allowfullscreen></iframe></div>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Les points suivants ont été abordés :</strong></p>
<p>- Qu&rsquo;est-ce que l&rsquo;État-Providence aux États-Unis ?</p>
<p>- La notion de &laquo;&nbsp;pauvres méritants&nbsp;&raquo; et les minorités</p>
<p>- Le consensus politique autour du Welfare : quelle différence pour Barack Obama ?</p>
<p>- Quels seront les effets sur le long terme de cette nouvelle façon de concevoir l&rsquo;intervention en matière sociale ?</p>
<p>- Comment le champ académique a-t-il accompagné l&rsquo;évolution de ces débats ?</p>
<div class="omc-alert-box blue">
<p style="text-align: center;"><strong>Prolonger</strong></p>
<p style="text-align: left;">Isaac William Martin, « Which direction for the welfare state?. Legacies of welfare reform in the United States »,Books &amp; Ideas, 6 March 2009. ISSN : 2114-074X. URL : <a href="http://www.booksandideas.net/Legacies-of-welfare-reform-in-the.html">http://www.booksandideas.net/Legacies-of-welfare-reform-in-the.html</a></p>
<p style="text-align: center;"><strong>Quelques références évoquées dans l&rsquo;entretien :</strong></p>
<p>James Sparrow, <em>Warfare State: World War II Americans and the Age of Big Government</em>, New York, Oxford University Press, 2011</p>
<p>Michael Harrington, <em>The Other America: Poverty in the United States</em>, New York, Macmillan, 1962</p>
<p>Daniel Patrick Moynihan, <em><a href="http://www.dol.gov/oasam/programs/history/webid-meynihan.htm">The Negro Family: The Case For National Action</a>, </em>Office of Policy Planning and Research, US Department of Labor, 1965</p>
<p><em>The Moynihan Report Revisited: Lessons and Reflections after Four Decades</em>, ANNALS, N˚621 Vol. 1, 2009</p>
<p>Romain Huret, <em>La fin de la pauvreté ? Les experts sociaux et la Guerre contre la pauvreté aux États-Unis (1945-1974)</em>, Paris, Editions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2008</p>
<p>Alice O&rsquo;Connor, <em>Poverty Knowledge: Social Science, Social Policy, and the Poor in Twentieth-Century U.S. History</em>, Princeton University Press, 2002</p>
<p>Charles Murray <em>Losing Ground: American Social Policy, 1950-1980</em>, Basic Books, 1984</div>
<p>&nbsp;</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Django Unchained (Quentin Tarantino, 2012): Ballade légendaire</title>
		<link>http://www.bullypulpit.fr/2013/01/django-unchained-quentin-tarantino-2012-ballade-legendaire/</link>
		<comments>http://www.bullypulpit.fr/2013/01/django-unchained-quentin-tarantino-2012-ballade-legendaire/#comments</comments>
		<pubDate>Mon, 14 Jan 2013 20:14:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Dozol</dc:creator>
				<category><![CDATA[CINEMA]]></category>
		<category><![CDATA[analyse]]></category>
		<category><![CDATA[cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[django unchained]]></category>
		<category><![CDATA[musique]]></category>
		<category><![CDATA[tarantino]]></category>
		<category><![CDATA[western]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Cette histoire d&#8217;alliance entre un esclave affranchi (Jamie Foxx) et un chasseur de primes (Christoph Waltz) était dans la tête de Quentin Tarantino depuis huit ans. C’est l’écriture d’un livre (inédit) d’analyse critique des films de Sergio Corbucci qui l’a convaincu de livrer sa propre version de l’Ouest. Son dernier opus emprunte beaucoup au Django </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/01/django-unchained-quentin-tarantino-2012-ballade-legendaire/">Django Unchained (Quentin Tarantino, 2012): Ballade légendaire</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Cette histoire d&rsquo;alliance entre un esclave affranchi (Jamie Foxx) et un chasseur de primes (Christoph Waltz) était dans la tête de Quentin Tarantino depuis huit ans. C’est l’écriture d’un livre (inédit) d’analyse critique des films de Sergio Corbucci qui l’a convaincu de livrer sa propre version de l’Ouest. Son dernier opus emprunte beaucoup au <em>Django </em>(1966) de l’Italien, à commencer par la musique de Franco Migliacci et Luis Bascalov.</p>
<p style="text-align: justify;">Tarantino débute son processus créatif en allant puiser dans sa collection musicale les morceaux qu&rsquo;il souhaiterait incorporer dans son film. C&rsquo;est à partir de cette matière musicale, de l&rsquo;ambiance qui s&rsquo;en dégage, qu&rsquo;il se met à écrire son film. Le scénario naît à partir d&rsquo;une image, d&rsquo;une atmosphère, plutôt que d&rsquo;un contexte historique rigoureux et figé. Il ne s’agit pas de proposer une réflexion sur un système d’exploitation d’êtres humains, mais d’écrire une fantaisie inspirée par un environnement profondément cinématographique. Le cinéma est saisi comme une arme qui pulvérise les vilains de l’histoire officielle. Les métaphores restent très simples, telle cette projection du sang d’un tortionnaire sur les fleurs de coton.</p>
<p style="text-align: justify;">Le réalisateur fait de nouveau appel à une esthétique hip-hop, en agrégeant plusieurs morceaux (la technique du <em>sampling</em>), des références différentes afin de créer quelque chose de nouveau. A l’aide d’anachronismes, il redessine une filiation entre les mouvements culturels, du film d’esclaves à la blaxploitation (Le personnage joué par Kerry Washington se nomme Broomhilda von <em>Shaft</em>), de Wagner jusqu’à Tupac Shakur en passant par Ennio Morricone. <em>Django Unchained</em> n’est pas, comme on peut le lire un peu partout, un western spaghetti.</p>
<p style="text-align: justify;">Le western spaghetti est une forme dite &laquo;&nbsp;dégénérée&nbsp;&raquo;, un sous-genre datant d’une période donnée (entre 1960 et 1975). C’est une réponse européenne au classique western hollywoodien. Né une vingtaine d’année après les productions américaines, il a d’abord été rejeté par la critique comme une imitation fauchée. Le western spaghetti se caractérise généralement par un acteur américain évoluant au milieu d’inconnus européens. Plus brutal que les films produits aux Etats-Unis, il met en scène des anti-héros aux motivations souvent pécuniaires, à la morale douteuse. Environ 600 films ont été tournés, généralement en Espagne ou en Italie, par des réalisateurs italiens. Chacun donne sa lecture de l’Ouest, sans trop se préoccuper de la véracité historique. Le genre contamine le western américain, puis se perd dans de mauvaises comédies et des parodies.</p>
<p style="text-align: justify;">Comme le <a href="http://www.nytimes.com/2012/12/23/movies/how-quentin-tarantino-concocted-a-genre-of-his-own.html?pagewanted=1&amp;_r=0">souligne</a> Tarantino, il est impossible, en 2012, de faire un « western spaghetti », car ce sont des produits de leur propre temps. A la suite de Sergio Leone, QT substitue « la logique égocentrique et vénale du chasseur de primes à la logique stéréotypée, altruiste et magnanime du cow-boy et du justicier. L’insistance liminaire sur les dollars, en effet, suggère que dans l’Ouest la cupidité est la cause première de toute entreprise. »<a  href="#_ftn1">[1]</a> Nous découvrons le bon docteur King Schultz, chirurgien dentiste de formation, chasseur de primes trimbalant sa carriole dans le Sud esclavagiste, deux ans avant la guerre de Sécession. Une fois Django délivré de ses chaînes, le film prend le chemin de la vengeance, en s’attachant à emboiter les mythes les uns dans les autres, pour en bâtir un nouveau.</p>
<p style="text-align: justify;"><a href="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DJANGO-UNCHAINED_005.r.jpg"><img class="alignleft size-medium wp-image-2016"  src="http://bullypulpit.fr/wp-content/uploads/2013/01/DJANGO-UNCHAINED_005.r-300x300.jpg" alt="" /></a>Certains effets de son film rendent hommage aux westerns spaghetti, tels ces zooms rapides sur les visages qui se terminent en très gros plans. Franco Nero, qui jouait le rôle principal dans le film de Corbucci, demande au personnage de Jamie Foxx comment il se nomme. « Django. Le D ne se prononce pas», précise l’affranchi. « Je sais », s’entend-t-il répondre.</p>
<p style="text-align: justify;">L’emprunt aux westerns spaghetti se trouve surtout dans l’utilisation de la musique. Elle n’est pas là pour simplement accompagner l’image, &laquo;&nbsp;remplir&nbsp;&raquo; grossièrement. Elle passe soudainement au premier plan, tandis que les mouvements des acteurs ralentissent. Les scènes prennent ainsi des accents opératiques. L’approche musicale se retrouve dans les réparties des acteurs.  Tarantino est d’abord un formidable dialoguiste.<a  href="#_ftn1">[2]</a> Il déclare aimer écrire pour Christoph Waltz ou Samuel L. Jackson car ces derniers ne récitent pas le texte, ils « chantent » les échanges. Ces figures du Sud esclavagiste manient le canon, mais aussi le verbe. Le pouvoir des personnages est établi par leur maîtrise du discours et le niveau de langue employé. Ainsi, King Shultz, l’étranger, est un modèle de raffinement et de civilisation.</p>
<p style="text-align: justify;">Le vocabulaire utilisé est à l’origine d’une polémique aux Etats-Unis. Le réalisateur Spike Lee a déclaré qu’il n’irait pas voir le film, par « respect pour ses ancêtres ». Déjà à l’époque de <em>Pulp Fiction</em> (1994), il avait critiqué l’usage à répétition du mot <em>nigger</em>. Les films de Spike Lee regorgent pourtant de ce terme. Lee s’arroge le droit d’utiliser le « n word » puisqu’il est lui même Afro-Américain. <em>Django Unchained</em> aurait aussi été attaqué s’il avait utilisé ce terme avec plus d´économie. L’écriture des dialogues est pourtant précise. Le Dr Shultz n’utilise jamais le mot pour désigner les esclaves.</p>
<p style="text-align: justify;">Le débat stérile sur la violence du film laisse aussi circonspect. Elle est mise en scène différemment en fonction de son objet. Le réalisateur désamorce la violence vengeresse en appuyant le trait, en proposant des effets cartoonesques, en filmant des geysers ridicules d’hémoglobines, des bonds saugrenus et des angles impossibles de propulsion. La brutalité exercée sur les esclaves est au contraire traitée de manière réaliste, directe, cadrée très proche des victimes, suscitant aussitôt le malaise.</p>
<p style="text-align: justify;">Le film célèbre le plaisir du jeu, du bon mot, de la narration. Shultz rappelle à Django qu’il doit à tout prix « rester dans le personnage », comme les gangsters colorés de <em>Reservoir Dogs.  Django Unchained</em> n’est pas un simple pastiche d’un genre moribond. C’est un film qui fait appel à un répertoire beaucoup plus large. Il propose un nouveau mythe, en l&rsquo;insérant lui même dans d&rsquo;autres mythes. Avec une décontraction formidable, <em>Les Trois Mousquetaires</em> côtoie <em>Siegfried</em> et <em>l’Oncle Tom</em>. L’ensemble des références convoquées raisonne avec la légende naissante de Django. Les citations cinématographiques ne sont pas seulement des effets de style ou des clins d&rsquo;œil. La chevauchée à l&rsquo;aveugle de <em>The</em> <em>Birth of a Nation</em> (<em>Naissance d&rsquo;une Nation, </em>1915) de D.W.Griffith permet par exemple de ridiculiser les embryons du KKK. Le film est conscient de son statut de divertissement. Les personnages dévoilent dans leurs dialogues les tentations irrésistibles de leur créateur. Ce besoin de se « salir », d’augmenter savamment la tension avant l’explosion.</p>
<div><br clear="all" /></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a  href="#_ftnref1">[1]</a> <strong>José Pagliardini</strong>, « L’Ouest de Sergio Leone : pistes et frontières  pour une approche historique et critique du western à l’italienne », <em>Italies</em> [En ligne], 5 | 2001, mis en ligne le 16 octobre 2009, consulté le 04 janvier 2013. URL : <a href="http://italies.revues.org/2085">http://italies.revues.org/2085</a></p>
<p><a  href="#_ftnref1">[2]</a> Il a d’ailleurs reçu un Golden Globe pour le scenario du film, le 13 janvier 2013</p>
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<div class="omc-alert-box blue">
<p>Pour aller plus loin :</p>
<p>&laquo;&nbsp;Making of the West: Mythmakers and truth-tellers&nbsp;&raquo;, <em>Sight &amp; Sound</em>, 3 janvier 2013:<a href="http://www.soundonsight.org/making-of-the-west-mythmakers-and-truth-tellers/"> http://www.soundonsight.org/making-of-the-west-mythmakers-and-truth-tellers/</a></p>
<p>Entretien de Quentin Tarantino avec Charlie Rose, 21 décembre 2012:<a href="http://www.charlierose.com/view/interview/12704"> http://www.charlierose.com/view/interview/12704</a></p>
<p>Samuel Blumenfeld, <em>Tarantino, homme cinéma</em>, M le magazine, 15 janvier 2013 : <a href="http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/01/04/tarantino-homme-cinema_1812352_3246.html">http://abonnes.lemonde.fr/culture/article/2013/01/04/tarantino-homme-cinema_1812352_3246.html</a></p>
<div id="text-554578980">
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<p> </p></div>
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<p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2013/01/django-unchained-quentin-tarantino-2012-ballade-legendaire/">Django Unchained (Quentin Tarantino, 2012): Ballade légendaire</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></content:encoded>
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		<title>Armes à feu, l’exception américaine</title>
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		<pubDate>Sat, 29 Dec 2012 20:55:06 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Vincent Dozol</dc:creator>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[Armes]]></category>
		<category><![CDATA[contrôle]]></category>
		<category><![CDATA[fusillade]]></category>
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		<description><![CDATA[<p>« Je sais que si l’on additionne les populations du Royaume Uni, de la France, de l’Allemagne, du Japon, de la Suisse, de la Suède, du Danemark et de l’Australie, on obtient grossièrement une population de la taille des Etats-Unis. Nous comptions 32 000 morts par armes à feu l’année dernière et ils en déploraient 112. </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2012/12/armes-a-feu-lexception-americaine/">Armes à feu, l’exception américaine</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<blockquote><p>« Je sais que si l’on additionne les populations du Royaume Uni, de la France, de l’Allemagne, du Japon, de la Suisse, de la Suède, du Danemark et de l’Australie, on obtient grossièrement une population de la taille des Etats-Unis. Nous comptions 32 000 morts par armes à feu l’année dernière et ils en déploraient 112. Pensez-vous que c’est parce que les Américains ont davantage de tendances meurtrières par nature? Où pensez-vous que c’est parce que ces types possèdent des lois de contrôle des armes à feu ? » interroge le fictionnel <strong><a href="http://youtu.be/bFIYLimyRHU">Toby Ziegler</a></strong> lors d’un entretien télévisé.<a  href="#_ftn1">[1]</a></p></blockquote>
<p style="text-align: justify;">Les Etats-Unis sont le pays qui compte le plus de détenteurs civils d’armes au monde, devant le Yémen. Les Américains possèdent environ 300 millions d’armes à feu à titre privé.  Cela ne signifie pas que chaque citoyen garde sous son oreiller un calibre .44, puisque les trois-quarts des détenteurs d’armes en possèdent deux ou plus.</p>
<p style="text-align: justify;">L’arme à feu est investie d’une symbolique spécifique qui s’est construite dans le temps. Selon Eric Roshansky, juriste spécialiste des armes de la mairie de New York : « L’élévation de l’arme à un <a href="http://bullypulpit.fr/2012/03/pourquoi-les-armes-a-feu-sont-elles-si-repandues-aux-etats-unis/">statut politique sacré</a> explique en partie la raison pour laquelle 30 000 morts par an n’a pas donné lieu à une réglementation complexe, comme elle existe pour l’automobile ou la pharmaceutique. »</p>
<p>Les Etats-Unis ont commencé très tôt à réguler les armes à feu sur leur territoire. Le Kentucky et la Louisiane ont interdit en 1813 le transport d’armes dissimulées. Plus récemment, le <em>Firearms Owners Protection Ac</em>t voté en 1986 précise le droit des citoyens de « détenir et de porter les armes sous le Second Amendement ». Une interdiction fédérale de la fabrication, de la possession et de la vente d’un fusil d’assaut semi-automatique à un particulier a été voté en 1994 pendant l’administration Clinton, puis autorisée à expirer en 2004. Le Second Amendement a été interprété par la Cour suprême en 2008 dans l’arrêt <em>District of Columbia v. Heller.</em></p>
<p style="text-align: justify;">Absent de la campagne présidentielle, le débat public sur les armes à feu est revenu au premier plan. Le 14 décembre, Adam Lanza, 20 ans, a tué 27 personnes, dont 20 enfants, à l’école primaire de Sandy Hook à Newtown, dans le Connecticut. Le massacre a donné lieu à un déferlement de <a href="http://nymag.com/daily/intelligencer/2012/12/adam-lanza-bulletproof-vest-body-armor-fishing-vest.html">fausses informations</a> dans les jours qui ont suivi.</p>
<p style="text-align: justify;">Les fusillades de ce type sont un épiphénomène en comparaison de l’ensemble des meurtres par armes à feu dans le pays.<a  href="#_ftn2">[2]</a>  L’attention médiatique portée sur les fusillades de masse cache surtout les progrès réalisés dans la réduction des taux de violence armée aux Etats-Unis. Entre 2008 et 2011, les crimes impliquant une arme à feu ont diminué de 111%.<a  href="#_ftn3">[3]</a> Le taux d’homicides a globalement diminué de 60 % et celui par armes à feu a chuté de 51,5% depuis 1993. Les tueries de masses <a href="http://www.salon.com/2012/12/15/no_rise_in_mass_killings_but_their_impact_is_huge/">n’ont pas augmenté</a> au cours des vingt dernières années.</p>
<p style="text-align: justify;">Le secteur de l’armement se porte bien. L’industrie a vu ses profits considérablement augmenter suite à l’élection de Barack Obama. Les ventes ont bondi d’environ 30% rien que pour la première année de son mandat. On estime que le marché américain des armes génère 2,8 milliards de dollars.</p>
<p style="text-align: justify;">Obama est constamment présenté par les lobbies pro-armes comme un activiste qui comploterait en permanence contre le Second Amendement de la Constitution. Le Président n’a pourtant fait passer aucune législation qui viserait à renforcer les contrôles. Son positionnement sur cette question date d’avant son accès à la présidence. De 1994 à 2002, Barack Obama a siégé au conseil d’administration de la <a href="http://www.joycefdn.org/">Joyce Foundation</a>, qui finance notamment la recherche sur les armes et demande une législation plus restrictive.</p>
<p style="text-align: justify;">L’inaction politique générale est peut être due à une carence de la recherche. Elle se concentre plutôt sur les logiques de violence, sur les facteurs qui pousseraient un individu isolé à passer à l’acte. Le sociologue Michel Wieviorka l’aborde par exemple comme une incarnation extrême de l’individualisme contemporain.<a  href="#_ftn4">[4]</a></p>
<p style="text-align: justify;">Peu de chercheurs travaillent sur la <a href="http://www.huffingtonpost.com/emma-gray/bushmaster-rifle-ad-masculinity-gun-violence-newtown-adam-lanza_b_2317924.html">symbolique</a> de ces engins meurtriers dans la culture populaire ou sur la corrélation entre la facilité de se procurer une arme et l’augmentation du risque de fusillade et de ses conséquences. Le Congrès s’est en tous cas efforcé d’empêcher que la recherche avance. En 1996, sous la pression des membres du Congrès pro-armes, la Chambre des Représentants a voulu retirer 2,6 millions de dollars du budget du National Center for Injury Prevention and Control, soit exactement la somme allouée à la recherche sur les armes à feu.<a  href="#_ftn5">[5]</a> Le budget fut finalement restauré en commission de conciliation conjointe, mais spécifiquement destinée aux études sur les blessures traumatiques du cerveau.</p>
<p style="text-align: justify;">Faire appel aux sciences sociales permettrait de sortir des affrontements primaires et des obstructions au débat. De contrer ceux qui affirment qu&rsquo;aucune réponse n&rsquo;est possible face à la folie humaine. « Guns don’t kill people, people kill people » (« ce sont les gens qui tuent, pas les armes ») est un des arguments les plus communs après ce type de drame. On retrouve ce slogan dans la communication de la National Rifle Association (NRA), comme dans la bouche de commentateurs aussi subtils qu’Ann Coulter.</p>
<p style="text-align: justify;">Cette assertion provient du discours plus large sur la « neutralité » de la technologie.<a  href="#_ftn6">[6]</a> Postulat aberrant puisque toute technologie est le fruit d’une volonté politique et d’un processus décisionnel fondé sur un système de valeurs et une définition temporaire du « progrès ». Théoriser la neutralité des armes permet de masquer le caractère facilitateur de ses outils dans la réalisation du meurtre de masse. Ce n’est pas l’habileté du tueur qui est à l’origine du nombre conséquent de victimes, mais bien le fusil automatique qu’il décharge.  Le même jour, un homme s’est <a href="http://www.nytimes.com/2012/12/15/world/asia/man-stabs-22-children-in-china.html">attaqué à 22 personnes</a> dans une école primaire en Chine, un couteau en main. Aucun mort n’est à déplorer. L’Etat est responsable des technologies qu’il autorise sur son territoire, comme il est responsable des conséquences qu’elles sont susceptibles d’entrainer</p>
<p style="text-align: justify;">Au lendemain de la tuerie du 14 décembre, la situation est un peu <a href="http://www.mediapart.fr/journal/international/171212/cette-fois-les-etats-unis-pourraient-legiferer-pour-mieux-controler-les">différente</a>. Les républicains ont réussi à s’accaparer la défense du droit de posséder une arme à feu, à tel point que les démocrates n’ont rien à perdre dans leurs soutiens à des mesures plus restrictives. Aucune élection nationale ne se profile avant vingt-trois mois. La peur d’évoquer un sujet qui pourrait couter une victoire et les accusations d’instrumentalisation peuvent être évitées. Le très jeune âge des victimes suscite plus d’émotion que pour les fusillades précédentes. Une <a href="http://www.usatoday.com/story/news/nation/2012/12/26/gun-rights-assault-weapons/1791827/">étude récente</a> montre que 58% des sondés soutiennent des règles plus strictes d’encadrement des armes à feu, mais pas une interdiction des fusils d’assaut.</p>
<p style="text-align: justify;">Différents groupes de pressions avancent leurs propositions pour des contrôles renforcés. Afin de dépolitiser la question, on a par exemple recours aux traditionnels <em>quangos</em> (<em>quasi non-governmental organisation</em>). David Hemenway, professeur à l’Ecole de Santé Publique d’Harvard, propose la création d’une agence indépendante à l’image de la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA).<a  href="#_ftn7">[7]</a> Elle permettrait d’abord le stockage de statistiques nationales sur les blessures et les morts causées par des armes à feu. La recherche serait aussi financée par l’agence et disposerait ainsi d’une base de données. L’agence serait aussi investie de pouvoirs décisionnels et réglementaires. Les nouvelles règles du marché de l’armement privé doivent être le fruit d’un processus administratif plus scientifique et plus exigeant selon Hemenway.</p>
<p style="text-align: justify;">Cinq jours après la tragédie de Newton, le président a annoncé la création d’un groupe de travail sur les armes à feu présidé par le vice-président Joe Biden. Cette commission doit faire des propositions concrètes avant la fin janvier. Obama a aussi appelé le Congrès à voter de nouvelles mesures pour interdire les armes d’assauts, les recharges à grande capacité et renforcer les contrôles préalables à la vente.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div class="omc-alert-box blue">
<p>Pour aller plus loin :</p>
<p><strong>« </strong>Pourquoi les armes à feu sont-elles si répandues aux Etats-Unis ? », <em>Bully Pulpit.fr</em>, 29 mars 2012 : <a href="http://bullypulpit.fr/2012/03/pourquoi-les-armes-a-feu-sont-elles-si-repandues-aux-etats-unis/">http://bullypulpit.fr/2012/03/pourquoi-les-armes-a-feu-sont-elles-si-repandues-aux-etats-unis/</a></p>
<p>LEPORE Jill, « Battleground America », The New Yorker, 23 avril 2012 : http://www.newyorker.com/reporting/2012/04/23/120423fa_fact_lepore#ixzz2GCXdYTVd</p>
<p>Les meilleurs reportages sur les armes à feu aux Etats-Unis, proposé par <em>ProPublica.org </em>: <a href="http://www.propublica.org/article/the-best-reporting-on-guns-in-america">http://www.propublica.org/article/the-best-reporting-on-guns-in-america</a> </div>
<p>&nbsp;</p>
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<hr align="left" size="1" width="33%" />
<div>
<p><a  href="#_ftnref1">[1]</a> « Bartlet’s Third State of the Union », <em>The West Wing</em>, Saison 2, Episode 13.</p>
</div>
<div>
<p><a  href="#_ftnref2">[2]</a> &laquo;&nbsp;Guns kill people in one chilling graph&nbsp;&raquo;, <em>The Washington Post</em>, 26 décembre 2012. http://www.washingtonpost.com/blogs/wonkblog/wp/2012/12/26/guns-kill-people-in-one-chilling-graph/</p>
</div>
<div>
<p><a  href="#_ftnref3">[3]</a> &laquo;&nbsp;A broader based approach to shootings&nbsp;&raquo;, <em><em>the societypages.org</em></em>:  http://thesocietypages.org/pubcrim/2012/12/18/a-broader-based-approach-to-shootings/</p>
</div>
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<p><a  href="#_ftnref4">[4]</a> « Les documents dont on dispose suggèrent qu’il s’agit généralement d’un processus, et non d’une décision soudaine, au cours duquel le futur tueur délibère avec lui-même durant une longue période, se prépare matériellement, ce qui suggère qu’un certain isolement constitue pour le passage à l’acte un élément décisif. Au bout du compte, le passage à l’acte semble devoir beaucoup à l’individualisme contemporain, qui encourage chacun à tenter de se constituer en acteur de sa propre vie, et qui pousse certains de ceux qui échouent à choisir d’autres chemins que ceux que notre société trouve normaux ou acceptables. »</p>
<p>WIEVIORKA Michel, &laquo;&nbsp;School Shooting&nbsp;&raquo;, <em>hypothèses.org</em> . <a href="http://wieviorka.hypotheses.org/93">http://wieviorka.hypotheses.org/93</a></p>
</div>
<div>
<p><a  href="#_ftnref5">[5]</a> « Silencing the Science on gun research », <em>The Journal of the Medical Association, </em> 21 décembre 2012. http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=1487470&amp;buffer_share=7e8bf&amp;utm_source=buffer</p>
</div>
<div>
<p><a  href="#_ftnref6">[6]</a> « Tech isn’t neutral and guns cause tagedies », <em>the societypages.org</em> : http://thesocietypages.org/cyborgology/2012/12/17/tech-isnt-neutral-guns-cause-tragedies/?utm_source=twitterfeed&amp;utm_medium=twitter</p>
</div>
<div>
<p><a  href="#_ftnref7">[7]</a>&laquo;&nbsp;What&rsquo;s your best idea to cut gun deaths&nbsp;&raquo;, <em>Freakonomics.com</em>: http://www.freakonomics.com/2008/08/22/whats-your-best-idea-to-cut-gun-deaths-a-freakonomics-quorum/</p>
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		</item>
		<item>
		<title>Le Fiscal Cliff, quand l&#8217;urgence peut attendre</title>
		<link>http://www.bullypulpit.fr/2012/12/le-fiscal-cliff-quand-lurgence-peut-attendre/</link>
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		<pubDate>Fri, 14 Dec 2012 12:42:12 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Benjamin Bruyas</dc:creator>
				<category><![CDATA[ÉCONOMIE]]></category>
		<category><![CDATA[Austérité]]></category>
		<category><![CDATA[Dette]]></category>
		<category><![CDATA[FIscal Cliff]]></category>
		<category><![CDATA[Fiscalité]]></category>
		<category><![CDATA[John Boehner]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>Les médias nous on beaucoup parlé, en cette année 2012, des prévisions plus ou moins fantaisistes sur la fin du monde et les diverses catastrophes qui nous guettent. Les journalistes économiques du monde entier ne font pas exception à cette tendance, et en termes d&#8217;apocalypse, ils nous proposent une menace malheureusement bien réelle : le « fiscal </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2012/12/le-fiscal-cliff-quand-lurgence-peut-attendre/">Le Fiscal Cliff, quand l&rsquo;urgence peut attendre</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;">Les médias nous on beaucoup parlé, en cette année 2012, des prévisions plus ou moins fantaisistes sur la fin du monde et les diverses catastrophes qui nous guettent. Les journalistes économiques du monde entier ne font pas exception à cette tendance, et en termes d&rsquo;apocalypse, ils nous proposent une menace malheureusement bien réelle : le « <em>fiscal cliff</em> ». Cette expression, traduite en français par « falaise fiscale » ou « mur budgétaire », est devenue ces derniers mois l&rsquo;objet d&rsquo;une véritable terreur. Elle désigne un ensemble de mesures temporaires, fiscales et budgétaires, prises par le gouvernement américain et qui doivent toutes arriver à terme le 1er Janvier 2013. Il s&rsquo;agit notamment de baisses d&rsquo;impôts dont le but était d&rsquo;encourager l&rsquo;investissement, ou d&rsquo;aides sociales d&rsquo;urgence mises en place pour limiter les effets de la crise. Ces diverses mesures coûtent, prises ensemble, 607 milliards de dollars par an à Washington. Pour les européens que nous sommes, et à qui on dit sans cesse que le vrai problème de l&rsquo;économie aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est le déficit public, le fait de faire économiser 607 milliards de dollars par an à l&rsquo;Etat central semble être une excellente nouvelle. Ce n&rsquo;est pourtant pas le cas. En effet, ces mesures qui vont disparaître en même temps que l&rsquo;année 2012, qu&rsquo;elles consistent en baisses d&rsquo;impôts ou en augmentations des dépenses publiques, permettent d&rsquo;injecter de l&rsquo;argent dans l&rsquo;économie, et de soutenir la timide reprise des Etats-Unis. Leur disparition risque de déclencher une nouvelle phase de récession.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le <em>Congressional Budget Office</em> a ainsi estimé que, si les lois n&rsquo;étaient pas modifiées et que les mesures du « <em>fiscal cliff</em> » étaient appliquées telles qu&rsquo;elles ont été prévues, cela pourrait entraîner une baisse du PIB américain de 1,3% sur le premier semestre de 2013, et une croissance annuelle de 0,5%, alors que si toutes ces mesures étaient prolongées, la croissance serait de 4,4% en 2013<a  href="#_ftn1">[1]</a>. Mais, toujours selon le CBO, si ces restrictions budgétaires ne sont pas appliquées, cela fera exploser la dette publique américaine et risque de l&rsquo;amener à des niveaux de moins en moins supportables. Le « <em>fiscal cliff</em> » incarne donc de manière claire le choix cornélien que doivent faire tous les gouvernements des grands pays industrialisés en ce moment : faut il faire baisser le déficit public, même si cela plonge l&rsquo;économie dans la dépression ? Ou faut-il au contraire financer des politiques de soutien qui peuvent relancer la croissance mais font augmenter la dette publique ? En fixant une date butoir, cet événement oblige Washington à se positionner clairement, et rapidement, sur ce sujet. Cela nécessitera de dépasser certaines querelles partisanes qui, aujourd&rsquo;hui, bloquent le processus de décision. Pourtant, si le risque représenté par le «<em> fiscal cliff </em>» a parfois été exagéré, il reste bien réel, et pourrait même se réaliser plus tôt qu&rsquo;on ne le pense.</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Un choix d&rsquo;économie très politique</strong><strong> </strong></p>
<p style="text-align: justify;">            De fait, trois solutions sont possibles, chacune représentant une vision différente de la politique économique. Il y a évidemment le choix de rentrer à pleine vitesse dans le mur budgétaire, c&rsquo;est-à-dire de ne rien changer et de laisser les restrictions budgétaires arriver comme elles étaient prévues. Ce choix sacrifie la croissance pour permettre de rendre la dette plus soutenable. Mais en réalité, cette possibilité ne peut être souhaitée par personne. Lundi 26 Novembre, les membres du cercle des conseillers économiques (<em>Council of Economic Advisers</em>) du Président Obama ont alerté sur le fait que, si ce scénario devait se réaliser, la consommation des ménages américains pourrait diminuer de 200 milliards de dollars par rapport aux prévisions<a  href="#_ftn2">[2]</a>. La consommation étant le premier moteur de la croissance américaine ces dernières années, cela pourrait entraîner des conséquences économiques encore plus graves que celles prévues par le rapport du CBO.</p>
<p style="text-align: justify;">            Il est donc très improbable que rien ne soit fait pour contrer les effets du « fiscal cliff », mais il est tout aussi improbable que celui ci soit totalement évité. De fait, comme l&rsquo;a fait remarquer le CBO, prolonger toutes les mesures temporaires qui forment ce mur budgétaire entraînerait une augmentation très importante de la dette publique à moyen terme. Certains économistes, tels que le prix nobel Paul Krugman, peuvent argumenter, avec raison selon nous, que ce n&rsquo;est pas le véritable problème, et qu&rsquo;il est beaucoup plus urgent de relancer l&rsquo;économie et de lutter contre le chômage<a  href="#_ftn3">[3]</a>. La majorité des politiciens ne l&rsquo;entend pas de cette oreille. La question de la dette publique a pris une telle ampleur médiatique qu&rsquo;il est désormais impossible pour les gouvernants de l&rsquo;ignorer. Il semble donc que le débat sur le « fiscal cliff » doive se conclure sur une solution intermédiaire, qui doit se définir en fonction des rapports de force politiques.</p>
<p style="text-align: justify;">            A ce sujet, le fait que la Chambre des Représentants soit à majorité républicaine crée une difficulté majeure pour l&rsquo;administration Obama, qui doit négocier chaque point sous l’œil sourcilleux des membres du <em>Tea Party</em>, dont certains ont juré sur l&rsquo;honneur de ne jamais augmenter les impôts. Or, l&rsquo;un des grands thèmes de la campagne de réélection du Président Obama était la justice fiscale, c&rsquo;est-à-dire l&rsquo;augmentation des impôts des plus riches. Dans le cas du mur budgétaire, cela se traduit par une demande faite au Congrès (Chambre des Représentants et Sénat) de prolonger les baisses d&rsquo;impôts décidées par Georges W. Bush pour la classe moyenne, mais de les laisser expirer pour les personnes qui gagnent plus de 250 000$ par an<a  href="#_ftn4">[4]</a>. Les Républicains, pour leur part, restent fidèles au programme contenu dans le très économiquement libéral Consensus de Washington des années 90 : élargir la base fiscale, c&rsquo;est-à-dire augmenter le nombre de personnes imposables, tout en diminuant les taux d&rsquo;imposition, et surtout la progressivité de ces taux. Les positions semblent donc difficiles à réconcilier. Certains gestes de bonne volonté ont été fait de part et d&rsquo;autre<a  href="#_ftn5">[5]</a>, mais les enjeux politiques s&rsquo;opposent à une résolution rapide du problème</p>
<p style="text-align: justify;"><strong>Rien ne sert de courir, à moins que … ?</strong></p>
<p style="text-align: justify;">            Il est important de comprendre que ce mur budgétaire n&rsquo;est qu&rsquo;une métaphore, et que l&rsquo;économie américaine ne va pas perdre 607 milliards de dollars d&rsquo;un coup le 31 Décembre 2012 à minuit. Les effets du « <em>fiscal cliff</em> » se feront sentir graduellement au cours des mois qui suivront, lorsque certains verront leurs impôts augmenter alors que les aides sociales des autres diminueront. De plus, la plupart des mesures qui disparaîtront avec l&rsquo;année 2012 peuvent être revotée quelques mois plus tard, et le « <em>fiscal cliff</em> » peut donc être partiellement annulé plusieurs mois après s&rsquo;être réalisé<a  href="#_ftn6">[6]</a>. Cela donne une excuse commode aux décideurs politiques pour éviter de prendre une décision dans l&rsquo;immédiat. Il semble même que les deux camps estiment que leur point de vue sera renforcé si le débat se déroule dans une situation encore plus critique, par exemple si les premiers effets du mur budgétaire commencent à se faire sentir. De plus, la dette publique américaine se rapproche de son plafond officiel, qui va devoir être réévalué une fois de plus, probablement dans les premiers mois de 2013. En effet, cette dette ne peut dépasser un certain seuil, voté par le Congrès. La dernière fois que ce seuil avait été réévalué, en Juillet 2011, cela avait déclenché un véritable drame politique, à cause des violents débats que cela avait occasionné, le Tea Party refusant cette réévaluation. Or, si le plafond n&rsquo;est pas augmenté, le gouvernement américain ne peut plus emprunter, car cela augmenterait sa dette. S&rsquo;il ne peut emprunter, il ne peut payer ses frais de fonctionnement, et se retrouve donc en défaut de paiement<a  href="#_ftn7">[7]</a>. Cette perspective rend tous les débats qui entourent cette réévaluation dramatiques, et c&rsquo;est pourquoi, selon nous, c&rsquo;est lors du prochain relèvement que se dérouleront les véritables débats sur les choix fiscaux et budgétaires. Des mesures symboliques et consensuelles seront peut-être prises avant, pour limiter les effets à court terme du « <em>fiscal cliff</em> », mais les choix les plus importants se feront à ce moment là.</p>
<p style="text-align: justify;">            Cela pose un problème non négligeable, car la question est plus urgente qu&rsquo;il n&rsquo;y paraît. Certes, comme cela a été dit plus haut dans cet article, les effets du mur budgétaire ne se feront sentir que graduellement. Mais ce n&rsquo;est vrai que pour les effets budgétaires et fiscaux. Les conséquences en termes de confiance se font déjà sentir. Ainsi, les plus grandes places boursières du monde réagissent en ce moment de manière souvent exagérée à la moindre évolution, positive ou négative, du débat sur la politique budgétaire de Washington. Le Fond Monétaire International lui-même a insisté pour que les incertitudes autour de cette question disparaissent au plus vite<a  href="#_ftn8">[8]</a>. L&rsquo;un des objectifs majeurs à court terme reste simplement de rassurer les investisseurs financiers et les consommateurs, car il ne faut pas oublier que les négociations délicates sur le plafond de la dette, en 2011, avaient fait perdre aux Etats-Unis leur triple A. La perspective de nouvelles discussions interminables à la recherche d&rsquo;un compromis apparemment impossible n&rsquo;a rien pour rassurer qui que ce soit, et la confiance des ménages peut elle aussi en souffrir. Il n&rsquo;est pas impossible qu&rsquo;en l&rsquo;état actuel des marchés financiers, une absence de solution au « <em>fiscal cliff</em> » n’entraîne une très grande prudence des investisseurs, et donc une baisse des investissements. Une panique financière n&rsquo;est pas non plus à exclure, tant les marchés sont instables ces dernières années, mais le dossier semble évoluer suffisamment lentement pour éviter les mauvaises surprises qui causent ce genre de panique. De plus, la très grande fragilité des économies européennes constitue une autre menace pesant sur les Etats-Unis. Si celles-ci devaient s&rsquo;effondrer, ou même simplement continuer à s&rsquo;affaiblir graduellement comme elles le font depuis des mois, Washington souffrirait encore plus de n&rsquo;avoir pas restauré la confiance en fixant un cap clair à la politique budgétaire et fiscale. Les lenteurs politiques sur le mur budgétaire, dont chaque parti espère probablement accuser l&rsquo;autre, font donc peser un réel risque sur l&rsquo;économie américaine, en dégradant la confiance dans la classe politique, qui semble ne pas prendre les mesures d&rsquo;urgence nécessaire.</p>
<p style="text-align: justify;">            Le cas du « fiscal cliff » illustre le choix que doivent faire les gouvernements des pays développés, entre austérité et relance. Il ajoute l&rsquo;urgence de la situation, symbolisée par la date du 1er Janvier 2013, et l&rsquo;ampleur du problème, puisque c&rsquo;est la première économie du monde qui est touchée. Il permet de voir à quel point les décisions provenant de la sphère politique ont encore une importance immense en termes économiques, malgré tous les discours entendus ces dernières décennies à propos de l&rsquo;affaiblissement des Etats. Ici, l&rsquo;impact d&rsquo;une décision, ou d&rsquo;une absence de décision, est à la fois considérable et évident. Les marchés financiers du monde entier attendent le compromis final, et en espèrent et craignent les conséquences potentielles. Cela confirme le rôle prépondérant que doivent jouer les Etats dans la sortie de la crise économique actuelle. Plus important encore, cela démontre la nécessité absolue pour les gouvernants de dégager une ligne cohérente en matière de politique économique et de s&rsquo;y tenir, afin de renforcer la confiance des acteurs économiques. En effet, comme le disait le Prix Nobel d&rsquo;économie Douglass North, le choix le plus important en matières de politiques économiques n&rsquo;est pas le choix entre interventionnisme et libéralisme, mais entre cohérence et incohérence. L&rsquo;Etat ne perd réellement son influence dans l&rsquo;économie qu&rsquo;à partir du moment où il ne parvient plus à créer ce cadre cohérent, clair et stable. Reste à espérer que les dirigeants démocrates et républicains y parviendront, et n&rsquo;auront pas à regretter leurs hésitations.</p>
<div><br clear="all" /></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
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<p><a  href="#_ftnref1">[1]</a>   Ces chiffres sont évidemment des prévisions moyennes. Le document complet du CBO est disponible, en anglais, à l&rsquo;adresse suivante : <a href="http://www.cbo.gov/sites/default/files/cbofiles/attachments/FiscalRestraint_0.pdf">http://www.cbo.gov/sites/default/files/cbofiles/attachments/FiscalRestraint_0.pdf</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref2">[2]</a><a href="http://lexpansion.lexpress.fr/economie/le-mur-budgetaire-menace-la-consommation-aux-etats-unis_362069.html">   http://lexpansion.lexpress.fr/economie/le-mur-budgetaire-menace-la-consommation-aux-etats-unis_362069.html</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref3">[3]</a>   Voir à ce sujet l&rsquo;interview de ce dernier : <a href="http://www.dispatch.com/content/stories/national_world/2012/05/07/jobs-not-fiscal-cliff-is-real-danger.html">http://www.dispatch.com/content/stories/national_world/2012/05/07/jobs-not-fiscal-cliff-is-real-danger.html</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref4">[4]</a><a href="http://www.usatoday.com/story/theoval/2012/11/26/obama-mcconnell-krueger-fiscal-cliff/1727517/">   http://www.usatoday.com/story/theoval/2012/11/26/obama-mcconnell-krueger-fiscal-cliff/1727517/</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref5">[5]</a><a href="http://economieamericaine.blog.lemonde.fr/2012/11/13/fiscal-cliff-les-republicains-changent-de-ton/">   http://economieamericaine.blog.lemonde.fr/2012/11/13/fiscal-cliff-les-republicains-changent-de-ton/</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref6">[6]</a><a href="http://www.nytimes.com/2012/10/10/us/fiscal-cliff-may-be-felt-gradually-analysts-say.html?_r=0">   http://www.nytimes.com/2012/10/10/us/fiscal-cliff-may-be-felt-gradually-analysts-say.html?_r=0</a></p>
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<p><a  href="#_ftnref7">[7]</a>   Nous étudierons les conséquences potentielles d&rsquo;un tel événement dans un article à venir.</p>
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<p style="text-align: justify;"><a  href="#_ftnref8">[8]</a><a href="http://in.reuters.com/article/2012/07/03/imf-usa-idINL2E8I32R20120703">   http://in.reuters.com/article/2012/07/03/imf-usa-idINL2E8I32R20120703</a></p>
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		<title>La double faute du Général Petraeus au regard des américains</title>
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		<pubDate>Mon, 12 Nov 2012 00:05:24 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Charlotte Persant</dc:creator>
				<category><![CDATA[POLITIQUE]]></category>
		<category><![CDATA[CIA]]></category>
		<category><![CDATA[david petraeus]]></category>
		<category><![CDATA[Droit]]></category>

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		<description><![CDATA[<p>«Après plus de 37 ans de mariage, j&#8217;ai fait preuve d&#8217;un énorme manque de jugement en m&#8217;engageant dans une relation extraconjugale. Un tel comportement est inacceptable à la fois comme mari et comme dirigeant d&#8217;une organisation comme la nôtre. »  L’adultère n’est pas à prendre à la légère aux Etats-Unis car c’est encore un crime. Par </p><p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2012/11/la-double-faute-du-general-petraeus-au-regard-des-americains/">La double faute du Général Petraeus au regard des américains</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: justify;" align="center"><em>«Après plus de 37 ans de mariage, j&rsquo;ai fait preuve d&rsquo;un énorme manque de jugement en m&rsquo;engageant dans une relation extraconjugale. Un tel comportement est inacceptable à la fois comme mari et comme dirigeant d&rsquo;une organisation comme la nôtre. »</em></p>
<p style="text-align: justify;"> L’adultère n’est pas à prendre à la légère aux Etats-Unis car c’est encore un crime. Par ses propres mots, le Général Petraeus admet sa double faute, morale et professionnelle. Le choc qu’a subi la société américaine dans son ensemble à  l’annonce de sa démission est donc proportionnel à sa chute. Car le Général Petraeus est tout sauf un homme ordinaire. Héro militaire populaire, homme d’Etat, il était pressenti pour présider la prestigieuse Université de Princeton dont il est diplômé et cité comme possible candidat républicain à la Maison Blanche en 2016.</p>
<p style="text-align: justify;">Paula Broadwell, maitresse présumée et auteur de sa biographie, publie dans le magazine américain Newsweek daté du 5 novembre 2012 « les règles de vie du Général Petraeus ». Parmi ces règles, la n°5 attire notre attention : « <em>«Nous faisons tous des erreurs. La clé est de les reconnaitre et de les admettre, d’en tirer des leçons et d’enlever les rétroviseurs. Continuez à conduire et évitez de les refaire.»</em> En avouant sa liaison extraconjugale le Général Petraeus applique à la lettre sa propre règle de vie. Sans vouloir préjuger des raisons de la démission du Général, cette affaire illustre une spécificité de la société américaine.</p>
<p style="text-align: justify;"> En effet, le droit américain, hérité de la <em>Common Law</em> reflète toujours une conception morale de l’adultère qui remonte à l’ère coloniale britannique. L’Amérique puritaine considérait l’adultère comme une offense faite à Dieu et par conséquent à la société. La Grande Bretagne quant à elle, établit des lois contre l’adultère afin d’éviter toute vengeance et crime de sang d’un mari jaloux et protéger l’héritage à travers  l’institution du mariage. L’influence de la <em>Common Law</em> sur le nouveau continent fut considérable mais les fondations juridiques de la criminalisation de l’adultère aux Etats-Unis demeurent puritaines.</p>
<p style="text-align: justify;">            Aujourd’hui, plus d’une vingtaine d’Etats conservent des lois criminalisant l’adultère et dix Etats comme la Virginie interdisent les rapports sexuels avant le mariage (fornication laws). Ainsi, la faute morale qu’a commise le Général Petraeus au regard de la société américaine est directement liée à l’héritage puritain qui s’est matérialisé dans le droit et qui demeure aujourd’hui. Les Etats du Minnesota et de la Caroline du Sud conservent des lois punissant l’adultère jusqu’à un an d’emprisonnement. Les Etats de Caroline du Nord et du New Hampshire quant à eux condamnent l’adultère par de fortes amendes. En 2005, le cas d’adultère de John R. Bushey, un avocat marié résident en Virginie, attira l’attention de la puissante Union Américaine pour les Libertés Civiles (ACLU). John R. Bushey plaida coupable puis se rétracta et accepta 20h de travaux d’intérêts généraux. L’objectif de ACLU était donc de contester la loi en utilisant  l’arrêt de la Cour Suprême <em>Lawrence v. Texas</em>  (2003).  Cette décision mettait fin à la criminalisation de la sodomie aux Etats-Unis à travers une interprétation du principe d’égale protection du XIV amendement de la Constitution américaine (equal protection clause) et du droit au respect de la vie privée (<em>Griswald v. Connecticut</em> 1965). Car si les condamnations pour adultères se sont raréfiées et se confinent désormais aux contentieux liés au divorce, elles existent toujours. D’ici quelques années, il est possible que les juges de la Cour Suprême se prononcent sur la criminalisation de l’adultère à travers l’interprétation du droit à la vie privée (right to privacy).  La criminalisation de l’adultère est aujourd’hui un débat qui dépasse la sphère juridique. De nombreux élus du Tea Party et membres du parti Républicain considèrent que ces lois protègent la morale publique.</p>
<p style="text-align: justify;">            Au regard de l’armée, l’adultère est une faute qui entache l’intégrité de l’institution et son honneur. En effet, les condamnations existent car l’article 134 du Code Militaire (Uniform Code of Military Justice) et le manuel de Cour Martiale (Manual for courts martial) le qualifient de crime. La CIA quant à elle considère l’adultère comme une source potentielle de chantage et par conséquent un risque pour la sécurité nationale.</p>
<p style="text-align: justify;"> Cet arsenal juridique associé à une pression morale de la société américaine conduit aujourd’hui le Général Petraeus  à se déclarer coupable d’une double faute. On peut s’interroger au regard de cette tragédie : y a t-il aux Etats-Unis un droit à l’erreur ?</p>
<p style="text-align: justify;">
<p>Cet article <a href="http://www.bullypulpit.fr/2012/11/la-double-faute-du-general-petraeus-au-regard-des-americains/">La double faute du Général Petraeus au regard des américains</a> est apparu en premier sur <a href="http://www.bullypulpit.fr">Bully Pulpit</a>.</p>]]></content:encoded>
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