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Doris Kearns Goodwin, observatrice-participante de la vie politique américaine

La célèbre biographe vient de publier Leadership, Lessons from the Presidents for Turbulent Times, un essai sur les carrières politiques de plusieurs présidents américains « en périodes troubles ». Retour sur son parcours.

Le président est courbé, presque cassé en deux, son costume plissé, il regarde ses pieds et lui tend l’oreille. Elle chuchote, se tient droite, ses dossiers sous le bras, professionnelle jusque dans la perfection de son chignon. Le cliché est pris en 1968, Doris Kearns Goodwin a 24 ans et l’écoute du président Lyndon B. Johnson. Elle est « compagnonne de la Maison Blanche », un programme de stages qui forment les futurs leaders du pays. Une autre image s’est depuis imposée. Elle est photographiée par Annie Leibovitz dans le Bureau ovale. D’un côté, Barack Obama en pleine discussion animée. Accoudée à l’angle du bureau, Doris Kearns Goodwin l’observe en souriant. A 73 ans, l’historienne est la plus célèbre biographe des présidents. Le 44e l’a choisi pour son dernier entretien avant son départ de la Maison Blanche, une manière d’évoquer sa place parmi les présidents d’hier et d’ancrer son héritage politique dans les pages de Vanity Fair.

Avant de conseiller les présidents, Doris Kearns a grandi à Rockville Centre (New York). Dans son livre de mémoires Wait Till Next Year (1997), elle explique que le goût de raconter des histoires vient de cette enfance où elle se faisait appeler « Bubbles » et narrait scrupuleusement le déroulé des matchs de baseball des Dodgers suivis à la radio pour que son père puisse les revivre. Puis elle entre au Colby College (Maine), fait un doctorat à Harvard, université où elle donnera ensuite un cours sur la présidence américaine. En 1967, elle cosigne un article dans The New Republic contre la guerre du Vietnam et la politique étrangère de Johnson. Ce dernier n’est pas rancunier. Elle est nommée conseillère spéciale du président puis le rejoint dans son ranch texan pour l’assister dans la rédaction de ses mémoires, The Vantage Point (1971). L’historienne devient une figure des cercles intellectuels démocrates de la côte Est et une spécialiste souvent consultée par les chaînes d’information. Elle épouse Richard N. Goodwin (1931-2018), ancien conseiller et plume des présidents Kennedy et Johnson et du sénateur Robert Kennedy. Premier livre, premier best-seller de plus de 400 pages jamais traduits en français, Lyndon Johnson and the American Dream est publié en 1977, suivi de The Fitzgeralds and the Kennedys dix ans plus tard. Le Prix Pulitzer lui est remis en 1995 pour son livre sur le couple Franklin et Eleanor Roosevelt, No Ordinary Time.

Lire la suite sur le site du Nouveau magazine littéraire (8 janvier 2019) :

https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/critique-non-fiction-politique/doris-kearns-goodwin-observatrice-participante-de-la-vie-politique

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