Scre4m (Wes Craven, 2011)

Lorsque vous regardez Massacre à la Tronçonneuse (Tobe Hooper, 1974) ou La Dernière Maison sur la Gauche (Wes Craven, 1972), vous ne pouvez pas faire confiance à ceux qui ont fait le film. Vous regardez ces films, vous n’êtes pas entre les mains d’un maître (tel Hitchcock), vous êtes entre les mains d’un maniaque ! »

remarque John Landis dans le documentaire The American Nightmare (Adam Simon, 2000). Les films de ces « maniaques » sont maintenant des « classiques » de l’horreur, version « vieille école ».  Dans ces conditions, quel est l’intérêt d’un 4ème épisode pour la trilogie Scream?

Robert Kolker, professeur d’études cinématographiques à l’Université de Virginie, le rappelait déjà au début des années 2000 : « des films tels Scream, Souviens-toi l’été dernier, le Projet Blair Witch dépendent de notre compréhension des codes, des genres qui en sont dérivés et de notre envie continuelle d’être capturés par ces codes. » Ainsi, le principal ressort de la terreur vient de la surprise, du sursaut et du choc des images.  Scre4m s’intéresse plus à l’humour qu’à la peur, la référence cinéphilique l’emporte sur l’horreur ou la construction du suspens. Le véritable malaise n’arrive qu’à la scène finale. Le scénariste, Kevin Williamson, et le réalisateur, Wes Craven, n’ont apparemment pas tout dit sur ce sous-genre horrifique qu’est le slasher. Ils continuent leurs commentaires ironiques sur leur travail, et sur le cinéma plus généralement. Ils revendiquent un popcorn cinéma auto-conscient de sa place et de son objet.

 L’accumulation de séquences réflexives et auto-parodiques rend ce « pastiche de pastiches » jouissif et intéressant.

Le slasher classique est un genre extrêmement conservateur et machiste apparu au début des années 70 : de jeunes gens décérébrés (bimbos de préférence), se donnant continuellement au vice, sont massacrés par un tueur-forcément masculin-à partir du moment où ils ont fauté. La loi du père, le patriarcat doit régner, de films en films. Wes Craven s’est creusé son petit nid au sein de ce genre, puis a décidé de le remettre en question et de jouer avec les règles. Williamson les connait aussi et il les tord.

Mais depuis les premiers Scream, de nouveaux sous-genres sont apparus, de nouveaux films ont rejeter les codes, s’autorisant tout, un sordide bordel d’abats et de tripes, la surenchère comme seul mot d’ordre.

La scène d’ouverture s’attaque d’entrée aux torture-porn (que sont les Saw, Hostel, Wolf Creek, et bientôt le sulfureux A Serbian Film), aux smartphones (qui serviront uniquement à téléphoner dans le film) et à la facilité très tendance à Hollywood de faire des suites plus absconses les unes que les autres. De jolies jeunes filles dissertent sur la nullité des scénarii, questionnent l’intérêt même de ce genre de film, alors que, comme nous, elles continuent de les consommer.

La mise en abyme devient sans fond, l’autocitation constante, et on se passionne à dénicher les clins d’œil, tout en étant de moins en moins concernés par les personnages.

Le voyeurisme de l’audience nous est renvoyé continuellement. Wes Craven s’inscrit ici dans la tradition hitchcockienne. L’héritage d’Hitchcock pour les films d’horreur est même physiquement présent à l’écran, lors de la projection de Stab dans la grange, qui s’inspire des événements du premier Scream. La scène reproduit l’ouverture du film, en y ajoutant une citation de la scène de la douche de Psycho, devenue depuis une icône pop. Dans la dernière partie du film, un des deux geeks, Charlie, se tient exactement comme Janet Leigh, le bras droit levé, la main en opposition, devant une vitre quadrillée (qui rappelle curieusement le carrelage de la douche). Le voyeurisme est le moteur à la fois de l’audience et des personnages du film. Les meurtres ne se déroulent en générale que si quelqu’un d’autre regarde la mise à mort (Dewey à travers les caméras de Gale par exemple).  Craven les insère souvent à l’intérieur d’un autre cadre (webcams, fenêtres, porte de voiture, fente pour le courrier), autant d’écrans symboliques de cinéma.

Dimension Films

Le film renverse aussi la loi masculine. Scre4m est un univers extrêmement féminin. La figure patriarcale est absente depuis l’origine même de la série.  Sidney Prescot, l’héroïne, est orpheline, sa malédiction semble liée à sa mère. On ne saura rien de son père biologique. Elle est LA survivante, même si elle a perdu sa virginité au cours du premier épisode.

Les rares personnages masculins de ce nouvel opus sont réduits à de très simples expressions : ex-petit ami, geeks et flics.

L’ex-petit copain est, de nouveau, synonyme de danger, afin de filer la menace sexuelle inhérente au genre. Les geeks, ces nouveaux rois du cinéma hollywoodien (Die Hard 4, Hackers, Scott Pilgrim vs the world…) zombies hyper connectés, technologiquement en avance, pourtant incapables d’interagir socialement avec la gente féminine. Ils n’attendent qu’une seule chose : le prochain meurtre. Les policiers, comme le survivant Dewey (dont Craven et Williamson avouent avoir voulu se débarrasser salement depuis le premier film, mais y ont renoncé après les projections tests), sont  totalement inutiles, allant de scènes de massacres en scènes de massacres. Dewey est impuissant même si sa propre femme est attaquée, passant son temps à regarder l’horreur en cours, ou à constater le résultat. Les hommes ne voient rien venir, même lorsqu’ils croient être maîtres de la situation.

Au contraire, seules Sydney et Gale ont un cerveau et affrontent ghostface, plutôt que d’être paralysées. De manière générale, règles et identités sexuelles ne sont pas claires. Le personnage principal est toujours une femme qui cogne. La figure maternelle est maudite et doit périr. La cheerleader, dont tous les hommes rêvent, arbore une coupe de garçonne. Les jeunes filles-victimes adorent se faire peur et elles sont moins fragiles et innocentes que l’on pourrait le penser. Le petit-ami est soit menaçant, soit pleurnichard car toujours amoureux de son ex, qui le rejette. Un des personnages théorise même qu’être gay serait le seul moyen de s’en sortir. La violence n’est pas réservée à la figure masculine, elle menace partout, intègre les nouvelles technologies médiatiques et se nourrit de superficialité.

La toile d’Arianna

The Huffington Post lancera en novembre prochain sa version française, en partenariat avec Le Monde. La France sera le premier pays à accueillir une version non-anglophone du site d’informations, avant des déclinaisons prochaines en Europe.A Paris, Mme Huffington a été accueillie telle une rock-star, gratifiant au passage les étudiants du Centre de Formation des Journalistes (CFJ) de ses réflexions lors de la leçon inaugurale, intitulée Le journalisme selon Arianna. Peu connue en France, Arianna Stassinopoulos Huffington est devenue une imposante figure médiatique aux Etats-Unis, à la fois très écoutée et très controversée. Continuer la lecture de La toile d’Arianna

Black Swan (Darren Aronofsky, 2010), Lac des Signes

Pour la sortie de Black Swan, Libération avait interviewé un chorégraphe suisse, Gilles Jobin, qui concluait, lapidaire : le « niveau n’est pas fameux ».

Le dernier Aronofsky n’est pourtant pas un film sur la Danse. Le monde du grand ballet new-yorkais sert de toile de fond à une réflexion plus ambitieuse qu’une simple illustration du quotidien en tutu. Ce qui est en jeu, c’est le mythe (celui de la dualité du Lac des cygnes), cette parole trompeuse qui pénètre la réalité de Nina et qui influence sa psyché. La danse n’est qu’un prétexte, le pathos (la souffrance),  la passion motrice, qui permet de se demander de quelle manière le sensible affecte le sujet sensible.

Dans un corps de ballet, toutes les ballerines sont les mêmes.

Le film joue sur les perceptions de Nina. Il implique l’audience dans ses hallucinations. Une fois cette complicité établie, Aronofsky entraine le regard  dans une expérience physique et sensorielle fondée sur une dynamique de doute permanent. D’où une angoisse en crescendo.

Simulacres, mise en abime, visions et représentations ponctuent le récit. Dans cette incertitude, plusieurs niveaux de lectures sont possibles. La force du film est son refus d’explications nettes, de solutions définitives aux maux de Nina. Voici donc une lecture parmi d’autres, pour ceux qui ont déjà vu le film.

L’atout de Black Swan, c’est surtout d’être le Lac des Signes.

Un monde liquide, insaisissable comme l’eau. Si l’on s’y penche, tout n’est que reflets déformants.

Et si Lily n’existait pas ?

Elle ne serait qu’une pure création de l’esprit de Nina, une projection, qui ne porterait pas toujours son propre visage. une figure interchangeable et projetable à l’envie sur les personnes qui gravitent autour d’elle.

En effet, Lily n’existe pas si Nina n’est pas là. Elle n’a aucune interaction avec d’autres personnages. Mieux, personne ne la remarque, tout le monde semble l’ignorer.

La Lily en question débarque dans la loge un peu plus tard, explose de vie et de charme. Nina est attirée et interloquée. Aucune autre danseuse n’interagit ou ne lui prête attention. Lily s’adresse exclusivement à Nina.

Elle est celle qui perturbe Nina lors de sa première audition, lui faisant rater ses tours piqués en claquant la porte. De nouveau, aucune réaction ne vient de la part du reste des personnes du studio. Sauf évidement Thomas, sous le charme, sans une seule reproche, qui la présente à Nina et ainsi la définit : elle vient de San Francisco (Côte Ouest, afin de filer la métaphore de Janus), elle est une remplaçante. A la fois double et menace, selon les mots mêmes du Prince (Thomas).

Autre exemple, Nina est la seule perturbée par Lily lors du gala pour lever des fonds, par ce fameux petit rire. Au milieu de la foule, Nina ne discerne qu’elle, grâce à un cadrage de son visage. En plan large, impossible de la repérer. On entendra plusieurs fois l’inquiétant rire dans la tête de Nina, surtout lors de ses crises, pendant ses fuites. Un moment de solitude, Lily apparaît forcément. Salut et péril.

Quand sa mère exige qu’elle lui montre son dos, pour vérifier ses marques de griffures, la sonnerie à la porte épargne à Nina l’affrontement mère-fille. La mère ouvre, répond sèchement que Nina est absente et referme. Nina s’y précipite ensuite et tombe de nouveau, sur Lily, de dos, comme lors de la première vision dans le métro. Inquiétude (comment connait-elle son adresse ?) et désir (let’s party). Sa mère intervient par deux fois, elle ne voit pas Lily, et ordonne uniquement à Nina de rentrer dans son appartement-prison.

Puis, lors de la séquence du night-club, Lily s’affirme comme celle que Nina est incapable d’incarner, séductrice, enjouée, à l’aise avec les garçons, tatouée, droguée, vivante. C’est aussi le premier moment où elle s’abandonne et tente de devenir Lily. Elle choisit d’abord le déguisement (le haut que Lily lui prête). Elle s’inspire ensuite de Lily en l’observant de loin au bar. Sur ce plan, une vitre trouble scinde son visage en deux, double-face Nina hésite, puis lâche prise. Comment savoir qui est qui lors de la danse stroboscopique sur la piste ? Cette identification n’apporte aucun répit à son esprit tourmenté. Nina arrive en retard en répétition le lendemain et manque de se faire remplacer.

Studio Aboca

La démarche artistique d’Aronofsky est habile et maîtrisée. Nina n’existe pratiquement jamais à l’écran sans son reflet (miroirs, vitres du métro, eau du bain, peintures de la mère, répliques infinies et déformantes). Si aucun objet ne réfléchit l’image de Nina, Lily apparaît alors. Elle n’est, depuis le début, qu’une vue de l’esprit, qu’un autre miroir. Elle-même, son pire ennemi. Lily incarne, en une même personne, à la fois Eros (pulsion sexuelle et force de liaison) et Thanatos (pulsion de mort et de destruction) de Nina. Son inconscient se matérialise et  lui rend souvent visite.

Il faudra donc que Nina brise le miroir, qu’elle détruise ce double. Cet objet traumatisant qui promet la connaissance de soi même, juste en contemplant son propre reflet. Arrêter de se chercher pour enfin vivre/mourir.

Lily est donc envoyée dans la glace. Et c’est le fragment du miroir (cet instrument de l’aliénation) qui est létal.

Dernière apparition de Lily, qui, à la porte de sa loge, seule, la félicite, puis s’efface. Nina ne réalise qu’à ce moment là sa propre blessure et par là même, sa libération.

National Security: mêmes joueurs, nouvelles stratégies

Le départ à la retraite de Robert Gates, actuel Secrétaire à la Défense, précipite une série de changements qui affecteront différentes institutions de Sécurité Nationale. Gates prendra sa retraite le 30 juin prochain, après avoir retardé à plusieurs reprises son départ, à la demande d’Obama en personne. Lorsqu’il a rejoint le Président W. Bush, Gates aurait installé dans sa mallette un compte à rebours fixé à la date de fin du mandat présidentiel. Cette anecdote est source de diverses allusions de la part d’Obama pendant son discours, le 28 avril dernier, annonçant ses choix de nomination du Secrétaire à la Défense, du Directeur de la CIA, du Commandant en chef de la coalition internationale et de l’Ambassadeur en Afghanistan.

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The Bay State peut-il faire sombrer la réforme de la Santé ?

Depuis la victoire du républicain Scott Brown à l’élection spécial pour le siège vacant du Sénateur du Massachusetts Ted Kennedy, les médias américains s’écharpent à propos des impacts possibles de ce résultat sur la réforme du système de Santé promise par Obama.

Sur Fox News le 25 janvier, Bill Frist, médecin et ancien leader de la majorité républicaine au Sénat de 2003 à 2007, déclare que la réforme telle qu’elle se présentait jusqu’alors est « morte », rejetée par le « peuple américain » parce que ce dernier préférerait des « solutions américaines » et non partisanes.

Dans son éditorial du 25 janvier dernier, le New York Times presse de son côté les démocrates des deux Chambres de ne pas abandonner la réforme du système de Santé au regard des résultats provenant du Massachusetts.

Dans sa lecture de la victoire de Brown, l’éditorialiste soutient qu’il ne faut pas l’interpréter comme un référendum anti-réforme mais plutôt comme une victoire politique personnelle face à une Martha Coakley probablement trop sûre de récupérer un siège que le Parti Démocrate estimait conserver trop facilement.

L’éditorial s’appuie sur la position contradictoire de Brown au sujet de cette réforme pour justifier son diagnostic :

L’Etat du Massachusetts a adopté une réforme du système de Santé similaire en 2006, Scott Brown l’avait votée et ne l’a pas remise en cause durant la campagne.

Il assure aujourd’hui qu’il fera tout pour bloquer la réforme voulue par Obama, qui s’inspire grandement de l’exemple du Massachusetts. Puisque les citoyens du Massachusetts possèdent déjà leur couverture médicale, Brown ne voit vraiment pas pourquoi ils devraient payer pour un plan dont les autres Etats pourraient bénéficier, oubliant que la réforme fédérale apportera un soutien financier supplémentaire au système mis en place par Boston. Brown peut être considéré par les démocrates comme le nouveau républicain « achetable », venant d’un Etat libéral et qui souhaite probablement être réélu en 2012.

Les électeurs du « berceau de l’histoire américaine » ne semblent pas non plus être de virulents opposants au plan Obama : Selon un sondage du Washington Post, en partenariat avec la fondation Henry J. Kaiser Family et l’école de santé publique d’Harvard, 68 % des votants et plus de la moitié de ceux qui ont voté Brown sont en faveur de leur propre plan de santé étatique.

Même les plus fervents supporters de la réforme reconnaissent qu’elle n’est pas parfaite mais que le moment est historique pour qu’elle puisse enfin voir le jour. Elle aurait au moins le mérite d’étendre la couverture santé à 94 % des habitants en situation régulière d’ici 2019, de réduire les déficits et de dynamiser le secteur médical afin de produire de meilleurs traitements à moindres coûts.

Le parti du Président possède toujours la majorité simple au Sénat (59 sièges, dont deux occupés par des Indépendants), mais celle-ci n’est plus en mesure de contrer le vote de blocage des Républicains qui disposent de 41 sièges. L’équilibre des pouvoirs au niveau législatif n’est donc modifié qu’à la marge. On est loin de la catastrophe dépeinte dans Le Nouvel Observateur ou Les Echos.

Source : themonkeycage.org

Le Filibuster (vote de blocage des Républicain) ne reste encore qu’une menace. Il serait imprudent de tout abandonner, crier à la défaite uniquement dans l’hypothèse d’un tel vote. Les Républicains disposent numériquement de la possibilité du filibuster, le feront-ils pour autant ? Bush n’était pas vraiment effrayé par ces 44 démocrates qui pouvaient s’opposer à lui à la fin de sa présidence…Comme le résume très bien Andrew Perrin : « The filibuster is the parliamentary equivalent of putting your body in front of a train. » Faire traîner les discutions sans propositions alternatives et s’opposer systématiquement en votant le blocage des textes, comme celui sur les taxes sur les banques, n’est pas vraiment payant pour la popularité et les résultats électoraux à venir du côté républicain.

Depuis des mois, les deux chambres sont en réalité incapables de s’accorder sur plusieurs points. La situation s’est évidemment durcie le 19 janvier via la « perte » du Massachusetts.

Ce qu’il faut surtout prendre en compte, c’est l’impact psychologique de la victoire de Brown, qui semble angoisser plus d’un élu démocrate, encore plus si ce dernier souhaite se représenter aux élections de mi-mandat. Certains refuseront de voter la réforme de peur de perdre leurs sièges. Mais est-ce vraiment pertinent de lire le résultat du Massachusetts comme une prédiction de ce qui se passera dans 10 mois ?

Il semblerait que les leaders démocrates du Congrès souhaitent faire voter le texte déjà approuvé par le Sénat avec quelques changements pour accommoder la Chambre des Représentants.  La procédure dite de « budget reconciliation » pourrait en effet autoriser une majorité de 51 sénateurs à amender le projet afin de répondre à certaines demandes formulées par la Chambre des Représentants. Cette technique très complexe permettrait d’éviter l’obligation d’un vote à la majorité qualifiée. Cependant, seuls les changements relatifs aux prélèvements et aux dépenses publiques sont autorisés à être votés par une majorité de 51 sénateurs.

Il n’est pas du tout sûr que les deux chambres puissent trouver une entente en modifiant uniquement les questions budgétaires. Le texte du Sénat est par exemple plus souple en ce qui concerne l’avortement, contrairement à la position de la Chambre. Si cette procédure est tentée, les Républicains pourraient facilement dénoncer une Administration qui ne respecte pas la volonté du peuple.

On l’aura deviné, la stratégie et le timing du vote ne sont pas encore clairs.

Pour sauver le programme ambitieux de réformes d’Obama, l’ancien gouverneur de l’Etat de New York Eliot Spitzer conseille à la Maison Blanche de durcir les négociations afin de les gagner, et d’imposer une plus grande discipline au sein de son propre parti. Une Administration à l’écoute mais forte, à l’image de celle de Lyndon Johnson, peut réussir de profonds changements.

Quelque soit la méthode choisie, le temps ne joue pas en faveur de la réforme. Dans son livreCritical : What We Can Do About the Health Care Crisis, Tom Daschle soutient que la réforme Clinton s’est soldée par un échec principalement parce qu’elle s’est trop étirée dans le temps. Plus le temps passe, plus les oppositions se renforcent et peuvent fusionner, plus la proximité des midterms et l’angoisse de la défaite pétrifient toutes les volontés réformatrices.

Devant l’urgence, le Parti Démocrate attendais énormément du discours d’Obama sur l’Etat de l’Union devant le Congrès le 27 janvier dernier pour remotiver les troupes et achever la bataille sur ce texte.